A. Ilarou, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p
6. Paul Sébillot, 1. c., t. II, p. 78 ; Félix Chapiseau. Le F.-L, de la Beauce , t, I, p. 275 ; A. Harou. Le F.-L. de Godarville, p. 17,
LES MAMMIFÈRES DOMESTIQUES
faite au chat malade, dans la croyance que son mal est causé par un ver qui est logé dans sa queue1. En Haute-Bretagne, les chats ont du v’lin (poison) dans la leur; quand un de ces animaux est endormi ou immobile, le bout de sa queue ne laisse pas que de remuer ; suivant d’autres, ils y ont le plot du diable, c’est-à-dire un de ses cheveux, ou bien un serpent, et l’on assure que si on ne leur en coupait pas un peu ils deviendraient sorciers ; en Normandie, cette mutilation ou celle d’une oreille les empêche d'être admis au sabbat. Il est probable que l’on croit, comme dans le Loiret, que seuls peuvent y assister ceux dont le corps est au complet2. On rencontre au moyen âge plusieurs exemples de ces amputations ; ceux qui les ont rapportées disent qu’elles ont pour but de retenir ces bêtes au logis ; mais il est possible que celle qui suit, et qui est la plus caractéristique, ait été fondée sur une croyance analogue à celles encore courantes en Normandie et dans le Loiret : Un homme se pleint à son veisin qe sa chat ne vout demorer a meison. Non? fet l’autre, escourtez sa cowe, et copés les orailles, et broillés la pel, et ele demorra a meison 3 4 5. Ces actes sont aussi destinés à guérir les félins de leurs défauts. Voici la raison de l’un d’eux, usité au XVe siècle: Qui vœult enlever les aguetz et perilz de son chat, si lui coupe tout jus une paulme de sa queue ; car, après que il a quatre ans, il pense nuyt et jour comme il porra son maistre estrangler* ; dans le Maine, on leur coupe le bout de la queue et un petit coin de l’oreille gauche, afin qu’ils n’aillent pas faire leurs ordures dans les tas de blé. Dans le Finistère la mutilation de la queue des chats nés en août doit leur faire perdre l’habitude de rapporter au logis, au lieu de rats, des reptiles de toutes sortes \
Certaines observances sont en relation avec le poil des animaux : Dans le Loiret, les chats, dont on a coupé la moustache ne prennent plus de souris ; en Haute-Bretagne, à Nantes et dans la Beauce, ils ne les sentent plus ; en Anjou, ils ne voient pas clair la nuit6. Dans le Finistère, on ne doit pas arracher, mais couper le crin des chevaux,
1. B. Souché. Croyances , etc., p. 6 ; Félix Chapiseau, 1. c., p. 274 ; Alfred Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p. 374.
2. Paul Sébillot. Noies sur les traditions, p. 15; Trad., t. II, p. 44; Amélie Bosquet. La Normandie romanesque, p. 218; E. Rolland. Faune pop., t. IV, p. 107.
3. Nicole Bozon. Contes moralisé s , p 74. Un homme qui avait un beau chat, mais qui au lieu de rester à la maison, allait rôder dans celles du voisinage avec les autres chats, lui brûla la queue et depuis il resta au coindu feu. (Jacques de Vitry. Exempta, p. 84-85.)