Antonin Perbosc, in La Tradition, 1904, p
LËS mammifères domestiques
Simoun Es miejoun :
Anen-noiTn !
Simon — il est midi — allons-nous en en ! Lorsque bœufs et taureaux de deux métairies voisines se voient dans les pâturages ils s’adressent des beuglements de défi, se* rapprochent, et derrière la haie ou le mur qui les sépare, ils se provoquent en duel de la corne et s’insultent :
— Bourru t !
— Mourrut !
— Bamat !
— Sanat !
— Te crebarai !
— T’estriparai !
Poilu ! — Gros mouflu ! — Grevé ! — Châtré ! — Je te crèverai ! — Je tetriperai ! 1 Voici comment on interprète, en Basse-Normandie, les propos de deux matous qui se rencontrent et se querellent : « Où allezvous? — Voir la femme à vous. — Voir la femme à moi ! rouah ! ». Et ils tombent l’un sur l’autre à coups de griffes ; en Haute-Bretagne ils disent: Marca. . .ou. ..a. ..ou, pourqua q’tu viens chez nou-ous? — Qué qu’ça t’fout ! qué que ça te fout! En Basse-Bretagne, le chat en ronronnant, avoue un des défauts dont on l’accuse habituellement:
A re da re,
Ma z ad zo laer ha me zo ie.
De race en race, — Mon père est voleur et je le suis ausssi2.
Le mouton et l’âne figurent parmi les animaux dont le cri habituel est le plus facile à imiter; on les rencontre réunis dans un fabliau du moyen âge :
Cestui n’est mie fils bèhè Ce ne fu mie fielz berbis.
— Tu dis voir, par saint Félix,
Cestui fu filz ihan, ihan 3.
Quand on emmène les moutons pour les abattre, voici le dialogue qui s’établit (cela se bêle) entre ceux qui restent et ceux qui partent : Où qu’tu t’en vas ? — A la boucherie. — Quand qu’lu r’viendras ? — Jamais. En Saône-et-Loire, la conversation a lieu entre le mouton et l’enfant :
Mouton bèh,
Où vas-tu ?
— A la boucherie,
Perdre la vie.
— Mouton bèh,