O. Colson, in Wallonia , t. IV, p
LES MAMMIFÈRES DOMESTIQUES
du chat, dans plusieurs pays du Nord ; en Hainaut, on' passe au chat un collier de crêpe Dans 1 Yonne on ne doit pas se servir des chevaux le jour du décès du maître ou de la maîtresse. En Hainaut on n’attelle pas ceux du défunt au char funèbre parce qu’ils ne pourraient, dit-on, le conduire à sa dernière demeure. Vers 1830, dans le Finistère, on ne donnait jamais un coup de fouet à ceux qui traînaient un corbillard; s’ils s’arrêtaient on attendait qu’ils se remettent en marche, et l’on essayait seulement de les y déterminer par des paroles ; en Hainaut, ceux qui transportent un mort transpirent toujours. Dans le canton de Saint-Michel de Maurienne le cercueil d’un chef de famille est suivi par une chèvre que la faim fait bêler, et qu on abandonne ensuite au curé2.
Les animaux domestiques ont, comme les chrétiens, des jours fériés. Dans l’Ailier par exemple le repos dominical est observé avec plus de rigueur pour le bétail que pour les hommes, et en dehors des dimanches et des grandes fêtes, il y a plusieurs jours où il ne faut pas lier. Les campagnards de diverses communes de la Gironde sont persuadés qu’il arrivera malheur à ceux qui attellent les bœufs lors des fêtes de la Vierge ou de la Fête-Dieu. En Touraine, on ne les soumet à aucun travail le vendredi saint avant trois heures ; le bœuf qui a assisté à la naissance du Christ doit se reposer le jour qui rappelle sa mort ; dans le Morbihan, les bœufs n’ont pas de force, et si on les faisait travailler, ils crèveraient dans l’année ; dans les Deux-Sèvres, on est exposé à de graves accidents en les mettant sous le joug , dans les Vosges des dangers menacent ceux qui, ce jour-là et le mercredi des Cendres, attellent une bête quelconque avant midi. Dans les Deux-Sèvres on peut avoir des malheurs si on se sert des bœufs le jour Saint-Jean3. Quelquefois les animaux ont pour ainsi dire congé lors de la fête de leurs protecteurs ; un poète de la Pléiade disait dans un hymme à saint Gervais et à saint Protais :
Oisifs par les prez vous chômaient Les bœufs affranchis du labeur4.
Au XVII0 siècle, des gens ne voulaient pas faire sortir les chevaux de l’écurie le jour de la fête et celui de la Translation de saint Eloi ,
\ . D. Dergny. Usages, coutumes , etc., p. 258, 262 ; G. de Mensignac. Sup. de la Gironde, p. 110 ; D. Dergny, 1. c., p. 262 ; A. Harou. Le F.-L. de Godarville, p. 82
2. C. Moiset. Usages de l'Yonne, p. 60; Alfred Harou. Le F.-L. de Godarville, p. 84 ; Boucher de Perthes. Chants armoricains, p. 16; Alfred Harou, 1. c. ; E. Rolland. Faune pop., t. V, p. 205 ; d’a. Richard. Guide à Aix.
3 E. Rolland, 1. c., t. V, p. 108 ; C. de Mensignac. Sup. de la Gironde , p. 107 ; Léon Pineau, in Rev. des Trad . pop., t. XIX, p. 432 ; F. Marquer, ibid. t. XI, p. 42; Léo. Desaivre. Croyances, p. 17; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes- Vosges, p. 51, 112; Léo Desaivre, 1. c., p. 17.