Colson, in Wallonia, 1905, p
4. Richard. Trad. de Lorraine, p. 53, 266; A. Daucourt, in Archives suisses des Trad. pop., t. Vil, p. 184; A. Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 391.
112 ïi^s Mammifères domestiques
rétable, suivant un usage qui était courant au XVII0 siècle '.On s'est moins occupé des veaux privés de leur mère ; cependant on croit en Lorraine qu'ils no tardent pas à l'oublier quand ils ont mangé quelques poils coupés au bout de sa queue 2. Une coutume relevée dans le Finistère semble attribuer une vertu particulière aux poils: si lorsqu'on tue un porc, on a soin d'arracher une poignée des soies qui garnissent le dos et de le déposer en toute hâte, avant qu'il ne soit complètement mort, dans la crèche qu'il vient de quitter, on peut être assuré de voir prospérer et engraisser à souhait le petit cochon qui le remplacera 3.
Les animaux domestiques sont rarement soumis à des traitements cruels. Pourtant à La Brède, dans la Gironde, on avait coutume de berner les chiens le lendemain de la fête locale, de les lancer ensuite verticalement à perte de vue, souvent jusques à ce que mort s'ensuivit. Dans la Côle-d'Or lors d'un charivari fait au mari qui se laisse battre par sa femme, on se passe un chat de main en main en le maltraitant ; c'est ce qu'on appelle « faire le chat4 ». En plusieurs endroits, et même à Paris, existait l'usage de placer des chats dans un sac ou dans un muid et de les brûler dans le feu de la Saint-Jean ; à Metz il ne fut aboli qu'en 1765, et dans la Meurthe il s'est perpétué jusqu'à nos jours. Aux environs de Semur, le dimanche des Brandons, les enfants qui font la quête du combustible destiné à faire la borde, portent un chat attaché au bout d'une perche; celle-ci est plantée ensuite au milieu du feu, et la pauvre bête périt brûlée. Le jeu du chat, qui se pratique à Aix lors de la Fête-Dieu, consiste à jeter un chat en l'air et à le rattraper lorsqu'il tombe 5.
Le meurtre volontaire des animaux domestiques, autres que ceux destinés à la boucherie, est considéré comme un acte blâmable, et dangereux. On disait au XVIIe siècle : Quant on tue un chien ou un chat, cela porte malheur ou à celui qui le tue ou à quelqu'un de la maison où il demeure. Dans les Deux-Sèvres, l'Eure-et-Loir, la Saintonge, la Gironde, à bord des navires français, le meurtre du chat est tout aussi funeste; en Provence celui qui l'a commis est exposé pendant sept ans à des infortunes6. En Saintonge tuer un chien, même
1. B. Souche. Croyances, p. 30. E. Rolland. Faune pop. t. V, p. 98-91; Richard. Trad. de Lorraine, p. 267; J.-B. Thiers. Traité desSup. t. I, p. 273.