‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 114 sur 491 · LES ANIMAUX DOMESTIQUES ET LA SORCELLERIE · texte numérisé non relu

LES ANIMAUX DOMESTIQUES ET LA SORCELLERIE

A l'exception du chat qui est par excellence la bête du diable et des sorciers, les mammifères domestiques ne jouent qu'un rôle secondaire dans la diablerie ; quant à ce félin, il est en liaison étroite avec le monde satanique ; on dit même, dans la Loire-Inférieure, qu'au jour du jugement dernier on verra tous les chats grimper le long du mur de l'enfer 2.

On désigne en plusieurs pays sous le nom de Sabbat des chats les réunions de ceux qui ont des accointances avec les sorciers ou avec Satan lui-même; ils se rassemblent à des croisements de chemins, dans deslieuxdéserts,parfoisdansle voisinage de grosses pierres, et ils manifestent leur présence pardes miaulements. Cesréunionsse tiennent à des époques déterminées ; en Poitou et dans la Creuse c'est le soir du mardi gras, à des endroits que l'on désigne ; dans l'Indre l'assemblée se fait au pied d'une croix, mais ceux qui ont sur leur pelage quelque trace de brûlure n'y sont point admis 3. Dans le Finistère, il n'est pas rare, surtout à l'époque des A vents, de voir les chats quitter la maison à la tombée de la nuit. Ils se rendent à un lieu planté d'arbres ou à quelque carrefour; bientôt des cris furieux s'élèvent ; ils se provoquent, se jettent les uns sur les autres, et ceux qui peuvent les entendre sont surpris de les ouïr proférer d'épouvantables blasphèmes dans la langue des chrétiens. Un gros matou noir, qui n'est autre que le diable lui-même, préside ordinairement à ce « sabbat des chats4 ». Dans le Maine les chats âgés d'au moins huit ans pouvaient seuls y prendre part ; à chaque assemblée on en tuait un ; ils parlaient le langage de l'homme et l'un d'eux dit à son maître : « Renaud est mort! » Renaud était le chat du voisin. En Haute-Bretagne, des danses de chats ont lieu autour des croix de carrefour ; parfois ils chantent la chanson des jours de la semaine, et

1. Cambry. Voyage dans le tinistere, p. 165 ; A. Bouet. Breiz-Izel, t. III, p. 150; E. Rolland. Faune pop., t. IV, p. 201 ; Amélie Bosquet. La Normandie romanesque, p. 150-151.

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