‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 140 sur 491 · CONTES DIVERS · texte numérisé non relu

CONTES DIVERS

m'a été fait en Haute-Bretagne, il y a une vingtaine d'années, et que je n'ai pas publié.

Un conte, populaire au XVIe siècle et sans doute avant, racontait qu'un moine ayant été appelé par son seigneur pour confesser un chien qui mourait de vieillesse, fit sortir tout 'le monde, et lui prenant l'oreille, dans un bâton fendu, lui pose diverses questions auxquelles le chien répond : Ouan ! ouan ! En Haute-Bretagne, un vicaire appelé aussi à confesser une chienne, emprunte deux alênes, les lui enfonce dans la chair en lui posant chaque fois une interrogation, et celle-ci répond: houoh! houoh ! et c'est ainsi qu'il lui fait approuver un don de plusieurs milliers de francs, aux pauvres et à lui-même1.

Le proverbe : Il est comme le chien du jardinier qui ne mange pas de choux, mais qui ne veut pas que les autres en mangent, s'applique à un envieux, et il est fondé sur un petit conte dont un parallèle était connu au XIIIe siècle :

Li samble par droite raison

Le chien, qui garde le muloa

Enini le pré ; et il avient

Que por mangier à ce fain vient

La vache seule. Li chien sait

Contre la vache ; si Tassait

Et chace loing. Tex est li chiens :

Il ne lairoït pournuls riens

Mangier la vache, qui a fain ;

N'il ne puet mangier du fain.

Tel est la vie au losangier2.

1. Béroalde de Verville. Le Moyen de parvenir, p. 328-329 ; Paul Sébillot, in Rev. des Trad. pop., t. XI, p. 392-393.

2. Leroux. Dict. comique ; Raoul de Houdanc. Des eles de cortoisie, p. 149.

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