‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 222 sur 491 · J.-B. Thiers. Traité des Sup., t. I, p · texte numérisé non relu

J.-B. Thiers. Traité des Sup., t. I, p

2. Henri Boguet. Discours des Sorciers, ch. XXXV, p. 307, 390.

3. H. lîarthety. Pratiques de sorcellerie en Béarn, p. 22 ; Paul Sébillot, in Rev. des Trad. pop., t. XMII, p. 27.

4. E. Rolland, p. 138 : 1». Uaan, in Bull, de la Soc. d'Anl/Dop. 1897. p. 1$ ; A. Harou. Le F. -h. de Gadarville. p. 31.

à quelqu'un '. L'usage d'appliquer sur le mal un pigeon fendu est plus ancien que le procès de sorcellerie où il est ainsi décrit : Barbe Dorée qui fut bruslée à Senlis en 1577, confessa avoir guari quelques-uns qu'elle avoit ensorcelez après avoir fendu un pigeon et mis sur l'estomac du patient en disant ces mots : Au nom du Père, du fils, etc., de monsieur Saint Anthoine et de monsieur Saint Michel l'Ange, tu puisses guarir du mal. Cent ans plus lard, en cas de fièvre continue, on fendait un pigeonneau par la moitié et on le plaçait sous la plante des pieds du malade, la tête tournée vers le talon. En Wallonie, on pose sur le front de celui qui est atteint d'hydrocéphalie, un pigeon fendu en deux ; le même traitement est usité à Menton pour la fièvre typhoïde, à Lille et dans le Morvan pour la méningite ; à Lille le pigeon ouvert de la tête à la queue est appliqué tout chaud sur la paroi costale du côté de l'épanchement pleurétique ; si le sang noircit très vite, le présage est excellent; dans le Vivarais, on ouvre une poule ou un coq et on le place sur l'estomac pour guérir la pleurésie. En Ille-et-Vilaine celui qui aies pieds enflés par suite d'une maladie de cœur, fend un coq par la moitié avec une hache et se les enveloppe dans cette chair saignante. Au XVIe siècle, on posait sur la morsure faite au cheval par une vipère, un coq tout vif fendu par le milieu; la poule ouverte attirait au dehors le venin des serpents2.

L'emploi médical du sang des oiseaux domestiques est encore fréquent. Dans les Vosges et en plusieurs autres contrées, pour qu'un enfant ait ses dents sans douleur, on lui frotte les gencives avec une crête de coq saignante ; dans le Vexin, on se rend à la fontaine de sainte Apolline, et après avoir coupé la tète du coquet, on en frictionne les gencives malades 3. Dans le Morvan rivernais, on soigne les blépharites en faisant tomber quelques gouttes de sang de pigeon dans l'œil enflammé. Pour le zona, il faut boire, suivant une croyance wallonne, le sang d'un coq noir mêlé au lait d'une femme qui allaite son premier enfant \

On n'a relevé qu'un petit nombre de fois un procédé qui tient plus de la magie que de la médecine, et qui rappelle certains actes accomplis près des pierres ou des arbres. L'oiseau destiné à prendre la maladie n'est pas mis en contact avec le patient, mais promené autour

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