TRANSMISSION DE LA MALADIE
d'elles consistait à tuer un cqq en présence d'une personne qui est en langueur et qui semble ne pouvoir moijrir, afin qu'elje meure ou guérisse bientôt'. Un témoin interrogé à. l'époque des procès de sorcellerie raconte qu'un homme lui demanda s'il vouloit qu'on baillast son mal à un coq qu'il avoit en sa maison, et sur ce l'estranger fit enterrer le coq au jardin de Mathieu qui guérit. Voici une autre déposition : un jour que le fermier du père d'un jeune garçon que l'on croyait avoir été ensorcelé, passait devant la maison du soupçonné, celui-ci lui dit: qu'estant arrivé en la pnaison de son maître, il deust mettre la poule qu'il portoit à tprre, et que si le garçon la tuoit il guériroit, mais que Ton se gardast bien de manger ceste poule ; le garçon qui estoit malade la tue, et à l'instant guérit2.
On a relevé quelques exemples du rite si souvent usité de la transmission de la maladie au moyen d'une conjuration, ou de l'application directe de la partie douloureuse sur l'animal qui devient une sorte de victime expiatoire. En Béarn, lorsqu'un enfant a le muguet, on le porte près d'une volière à poules, et, après en avoir ouvert la porte, on l'y introduit neuf fois en disant chaque fois :
Passe, passe, pqsserie,
Peu hourat de la garie.
Passe, passe, muguet — par la porte de la poule. En Haute-Bretagne, pour se débarrasser du hoquet on répète aussi neuf fois de suite à un dindon : « Plus rouge que toi ! s ». En Provence, un jeune pigeon, placé sur la tète d'un mourant, attire à lui et boit tout le mal. A Lille, on a constaté dans des cas de méningite l'intervention de trois pigeons vivants : on les met successivement sous l'enfant, le bec placé dans son anus ; pour que l'effet produit soit favorable, le pigeon doit gonfler, se débattre et crier. Le premier et le second moururent étouffés, le troisième se débattit et cria, mais si peu que l'on conclut que le pauvre petit pialade était perdu ; le pigeon devait, disait-on, débarrasser l'intestin. En Hainaul, on applique le derrière d'un pigeon volant déjà sur celui de l'enfant ; l'oiseau qui se débat doit être maintenu énergiquement et meurt d'autant plus vite ; sa mort est expliquée par la maladie qu'il a prise *. A Guernesey, pour faire disparaître une affection assez peu définie, connue sous le nom de mal volant, le patient frictionne le siège de la maladie avec une poule noire, qui doit avoir été achetée, mais non donnée. Après l'opération, elle ne doit être ni gardée ni tuée, mais il faut en faire cadeau