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LES OISEAUX ET LES JEUX

possible, et on la graisse d'huile pour la rendre plus glissante ; il y a

environ deux pieds à dire qu'elle ne touche le pavé ; au bout d'en haut

on attache un oye vivant, enjolivé de rubans, avec une tasse d'argent

ou quelques effets semblables pour servir de prix à celui qui parviendra

en grimpant le long de cette perche, à prendre l'oye '. Au milieu du

XVIIe siècle un jeu plus cruel était pratiqué sur la Seine, à Paris.

Comme l'ou voit dans la saison Les Mariniers tuant l'Oison, Ces rustrfcs sans miséricorde Sauter à l'envy sur la corde, Et s'escarbouillant le museau Secouez et plongez en l'eau Empoigner de la pauvre beste Les aisles, le col ou la teste Et des ongles ou bien des dents, fordans, déchirans et mordans, A la fin emporter la pièce Et pour marque de leur prouesse Faire voir au peuple aussi fou Les aisles, la teste ou le cou.

Jamais le pauvre Conchini Ne fut par le peuple effaré En tant de pièces déchiré-.

AGrez-Doiceau, dans leBrabant wallon, le second jour de iakermesse, une oie vivante était suspendue à une corde qui réunissait les extrémités supérieures de deux longues perches fichées en terre. Un personnage juché sur un tréteau rappelait toutes les calamités dont la commune avait été frappée dans l'année, et accusait l'oie d'en être la cause ; elle était aussi rendue responsable des faits et des farces qui étaient relatées par de grossiers dessins sur de grandes feuilles de papier, et finalement elle était condamnée à mort. Les membres de la jeunesse, à cheval, couraient l'oie ; armés de pistolets chargés à blanc et bourrés de papier, ils passaient à la file, au galop ou au trot entre les deux perches et tiraient dans le cou de la victime expiatoire ; celui qui décrochait la tèle était proclamé vainqueur \

A Saint- Malo, jusqu'au milieu du siècle dernier, tous les ans, le dimanche crèpier, on se rendait sur la grève où une oie était attachée au haut d'un piquet. Chacun tirait sur cette cible vivante ; le vainqueur était celui qui lui traversait le cou. Dans la même ville, un autre jeu, celui du tire-jars, a existé jusque vers 1840: Un jars était suspendu par les pattes à un arbre dans une avenue ; des hommes à cheval, rangés sur deux files après avoir tiré au sort, partaient tour à tour à un signal donné, passant au galop sous l'arbre ou était suspendu le jars, dont on

1. fcrosiey. Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions, etc. ci-devant établie à Troyes en Champagne, s. 1. 1768, p. 163 n.

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