RUSES DES OISEAUX
L'oiseau chargé de désigner la personne qui sera investie d'une fonction figure dans un conte wallon : un pigeon lâché par des prêtres pour l'élection du pape, vient par trois fois, malgré eux, se poser sur la tète d'un petit garçon f.
Dans plusieurs contes, qui roulent sur un thème déjà courant en France au XVIe siècle, un garçon fait fortune grâce à son coq, avec lequel il arrive dans une contrée où cet oiseau est inconnu : les habitants qui vont chercher le jour avec des charrettes, l'achètent fort cher à son possesseur quand ils sont convaincus que le jour arrive dès qu'il a chanté'.
On a recueilli en France plusieurs versions d'un conte populaire en bien d'autres pays, doirt le principal acteur présente cette particularité singulière d'être non pas un volatile entier, mais une moitié (et il porte un nom propre basé sur cette idée), qui cependant agit comme un animal complet ; les conteurs au reste ne le décrivent pas d'ordinaire, et il est possible qu'il s'agisse tout simplement d'un animal très petit qu'on aura appelé moitié ou bout, comme on dit un petit bout d'homme. Dans une version champenoise, le volatile est appelé Bout de Canard, à cause de l'exiguité de sa taille, et comme dans les contes parallèles, il parvient avec l'aide de divers personnages, à triompher du roi qui l'avait dépouillé de son argent3.
L'allusion la plus ancienne qui ait été faite, en France, à ce conte se trouve dans une comédie du XVIIIe siècle: une fille prétendue naïve, interrogée sur ce qu'elle sait de la fable, répond : Je sais le conte de Peau d'âne, la Moitié de Coq, etc.4 C'est ce titre que portent les plus nombreuses versions ; mais on rencontre aussi en Poitou une Moitié de Cane {La Mouété de Quene), en Champagne, Bout de Canard 5.
Dans un conte du bas Limousin Poussin Pelé volé par les fils du roi rentre en possession de sa bourse en portant dans son ventre le loup, le renard, le feu, l'étang ; dans la Haute-Marne, en Picardie, en Gascogne, c'est un coq qui admet aussi dans son ventre le loup, le renard
t. 0. Colson, in Wallonia, t. 11, p. 118.
2. Nicolas de Troyes. Le Grand Parangon, p. 39-46: If. Caruoy. LUI. orale de la Picardie, p. 283 ; Paul Sébillot, in Almanach du Pelil Rennais, 1884, p. 31, in Rev. des Trad. pop., t. XI, p. 278, t. XI, p. 238 ; Conles des Landes et des grèves, p. 105-106; Contes de la Haute-Bretagne. 1892, p. 200; A. Meyrac. Trad. des Ardennes, p. 516; K.-.M. Luzel. Contes, t. III, p. 200.
3. Charles Marelle. AfTenschwanz. Berlin, 1889, in-8°, p. 27.