A. Stœber. Di'e Sayen des Elsasses, n
5. Alexandre Nicolaï. Monsieur saint Jacques de Compostelle. Bordeaux, 1897, in-8°, p. 3-5, 9, 19, etc. et planche I ; cf. Aîélusine, t. VI, col. 25,69.
vint la réclamer et le larron répondit qu'il ne l'avait pas vue. L'oie qui cuisait dans la marmite cria : J'y suis * !
Les oiseaux de basse-cour doués de privilèges merveilleux sont assez rares. Dans un conte champenois, saint Pierre donne au bonhomme Maugréant, venu le trouver au Paradis, un coq magique ; quand on lui adresse une formule, il chante, et de son bec tombent des grains d'or et des diamants; saint Pierre fait cadeau d'un beau coq doré à un petit garçon qui avait partagé son pain avec lui. Un coq et une poule en or parlent pour rappeler à un prince qu'il n'a pas tenu sa promesse de rester fidèle à sa fiancée ; dans un conte mentonnais un sorcier possède une poule qui rend invisible la personne qui lui adresse cette formule : « Nuit devant moi, et jour derrière afin que personne ne puisse me voir2 ».
Plusieurs contes parlent de personnes qui entendent le langage des oiseaux domestiques, comme les comprenait la chambrière qui figure dans un recueil du moyen âge, où deux coqs sont immolés pour avoir dit la vérité. Dans un conte wallon un berger sur le point de mourir par la volonté de sa femme, entend un coq dire que son maître est trop bête, et qu'il devrait faire comme lui qui a treize femmes, et qui corrige à coups de bec celle qui lui a manqué. Petit Jean interroge un coq qui lui répond qu'il y a des malades au château parce qu'un crapaud est sous le lit3.
Les oiseaux domestiques figurent rarement parmi ceux qui sont secourables : il n'est absolument pas sûr qu'un canard blanc comme neige qui fait passer la rivière à deux enfants égarés soit un canard apprivoisé ; il en est de même de la colombe blanche d'un conte hautbreton qui fait présent d'un œuf magique à Point-du-Jour, de la reine des Oies, qui promet de venir au secours du héros qui a émietté du pain aux oies qui nagent sur un étang et se pressent autour de lui4. D'autres fois la domestication est certaine, comme celle des oies qui dans un conte lorrain, donnent un renseignement à un héros qui les interroge. Dans un récit assez fruste de la Haute-Bretagne, l'oiseau qui transporte, au lieu d'être comme d'habitude un aigle ou un corbeau, est une grosse oie à laquelle il faut donner de la viande 5.
1. F. -M. Luzel. Gwerziou Iireiz-Izel, t. I, p. 211 ; F. Duine, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 275.
2. Charles Marelle. A/fenschwanz, etc., p. 17; Paul Sébillot. Légendes chrétiennes de la Haute-Bretagne. Vannes, 1892, p. 14; F. -M. Luzel. Contes, t. 111, p. 243-245 ; J.-B. Andrews. Contes ligures, p. 69 et suiv.
3. Le Violiet- des histoires romaines, ch. LXV1 ; Aug. Gittée et J. Lemoine. Contes wallons, p. 17-18 ; Paul Sébillot. Contes des Landes, p. 47.
4. A. Stœber, in Rev. des Trad. pop., t. III, p. 297; Paul Sébillot. Contes, t. II, p. 211 ; F. -M. Luzel. Contes, t. Il, p. 396.
5. E. Cosquin. Contes de Lorraine, t. II, p. 138 ; Paul Sébillot. Contes, 1893, p. 14.