ORIGINE
La légende de création dualiste, populaire ainsi qu'on l'a vu maintes fois en Bretagne, s'applique à quelques insectes : quand Dieu a fait l'abeille, le diable qui veut l'imiter, fait la guêpe ou la mouche ; c'est Dieu qui crée le papillon, et le diable, le hanneton1. Cette sorte de concours, dans lequel Satan ne réussit qu'à produire des contrefaçons nuisibles ou inférieures en beauté, se continue même après l'achèvement du monde. On raconte dans le Morbihan qu'un jour que Notre Seigneur, saint Pierre et saint Jean se reposaient à l'ombre, le maître s'amusait à créer différentes espèces de mouches. Le diable qui passait par là, s'élant arrêté à regarder ce que faisait Jésus, dit qu'il ferait des mouches aussi belles que les siennes. Jésus accepta la gageure; le diable chercha longtemps, fit et défit plusieurs fois son ouvrage, puis finit par créer les guêpes. Jésus aussitôt créa les abeilles, et dit que pour juger de la valeur des unes et des autres, il fallait les considérer sur tous leurs aspects. Après un minutieux examen, on reconnut qu'au point de vue de la couleur et de la taille les guêpes pouvaient rivaliser avec les abeilles ; mais que pour le caractère et le savoir-faire, les abeilles l'emportaient d'emblée2. Suivant une légende dont les variantes recueillies dans le Velay, la Beauce et les Côtes-du- Nord, ne diffèrent que par les détails, le bon Dieu qui se promenait avec saint Pierre sur les bords d'un fleuve, vit une femme couchée sur le sable et dont les traits reflétaient l'ennui le plus profond. Il eut pitié d'elle et tira de sa poche une poignée de puces qu'il lui jeta, en • lisant : « Femme, l'oisiveté est la mère de tous les vices ; voilà de quoi l'occuper ! » Dans la version bretonne, c'est une poignée de sable que le bon Dieu lança, et chaque grain se changea en une puce. La