‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 288 sur 491 · E. Rolland, 1. c, p · texte numérisé non relu

E. Rolland, 1. c, p

3 F. Daieau. Traditions de la Gironde, p. 47; Paul Sébillot, 1. c, p. 281 : H. Marl'it, iu bev. des Trad. pop., t. XII, p. 494 ; B. Souche. Croyances, etc., p. 11.

4. E. Souvestre. Derniers Bretons, t. I. \>. 58; Foyer breton, t. 1. p. 31; F. G. de Alensignae, I. c, p. 116 ; Richard. Trad. de Lorraine, p. 189; Tour du monde, 1899, p. 512; II. Le Carguet, in lier, des Trad. pop., t. XIX, p. 23 ; J. Lecœur. Esquisses du bocage, t. I, p. 275 ; Ed^ar Mac Culloch. Guernsey Folk-Lore, p. 421 ; Ciimbry. Voyage dans le Finistère, p. 165.

5. Juste-Olivier. UEurres, t. I. p. 250 i pays de Yaud) ; Ajbiu Body, in Wallonie. \. Vil, p. 173; Sur la répartition géographique de cette coutume, cf. Paul Sébillot, iu Rev. des Trad. pop., t. X, p. 225 ; J.-B. Thiers. Traité des Sup., t. 1, p. 272.

Picardie, en Artois, dans le Nord, une personne dit en frappant doucement trois coups sur la ruche : « Petites bêles du bon Dieu, éveillez-vous, votre maître est mort » ; à Guernesey, on la cogne avec la clé de la porte en les informant de l'événement à voix basse. Dans les Hautes-Vosges, dans la Beauce, on donne aussi trois petits coups sur chaque ruche en disant: «Votre maître est mort, vous changez de maître » ; en Béarn, on leur adresse une sorte de discours pour les consoler; en Normandie, on les prévient ainsi: « Mes petites belles, votre père ou votre oncle, ou votre sœur, etc., est mort». Pour s'assurer qu'elles ont bien compris, on frappe légèrement avec une petite baguette sur la ruche jusqu'à ce qu'on y entende quelque bourdonnement '. En Vendée, on ne met un ruban noir aux ruches qu'à la mort de la maîtresse de la maison. Dans la Montagne Noire, quand le chef de la famille est mort, on enterre un de ses vieux habits dans le jardin où sont ses mouches afin de les faire participer à ses funérailles. Dans la Mayenne, on attache à chacune des ruches, un morceau de linge, le plus sale du défunt; les abeilles le croyant toujours là, ne sont point tentées de le suivre. Au Val d'Ajol, on fixe dans le même but une petite croix de cire bénile sur chaque panier. Dans certaines parties du Béarn, on découvre les ruches, et elles restent ainsi jusqu'après l'enterrement; dans les Côtes-du-Nord, les avettes portent le deuil de leur maître pendant six mois et ne bourdonnent plus2.

Les abeilles sont en quelque sorte associées aux fêtes chrétiennes ; dans la Côte-d'Or, on dit même qu'elles dépérissent ou qu'elles s'en vont, si leur maître n'a pas de religion. Dans l'Orléanais, posera chaque ruche une branche de buis des Rameau*, que l'on a rapportée chez soi sans parler à personne, donne le pouvoir de faire essaimer les abeilles à volonté. Au Val d'Ajol. on place sur les paniers, pour empêcher les mouches de les quitter, une petite branche de buis des Rameaux ; en Limousin, elle les préserve des malheurs et de la foudre ; en Wallonie, si l'on veut que les essaims ne se posent pas trop loin des ruches, il faut, le dimanche des Rameaux planter auprès une branchette de buis béni. Dans le Bocage vendéen, on les ornait autrefois de fleurs pour appeler sur elles la bénédiction de la Vierge ; dans le Loiret le jour de l'Invention de la sainte Croix, on place au sommet de chacune

1. 'iirard de malle, in Rev. des Trad. pop , t. X, p. 224 ; E.-T. Hamy, in Bull, de la Soc d'Anlhropotoyie, 1 «83, p. 603 ; I). Dergny. Usayes, coutumes, etc., t. 1, p. 2'.'» ; Edgar Mac Culloeh. Guernsey VAk-Lore, p. 421 ; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des lluules Vosyes, p. 388 ; Félix Chapiseau. Le F.-L. de la Beauce, t. Il, p. 163: Henri Pdiisaou. in Rev. des Trad. pop., t. VI, p. 15i ; L. du Bois. Recherches sur la Sorrnandie, p. 339 : Mélttsine, t. I, c >l. 95.

2. B. Souche. Croyances, p. 18 ; A. de Chesnel. Usayes de la Montuyne Noire, p. 363; Bellier-Duuiaine, iu Hev. des Trad. pop., t. XII, p. 245; H. Labourasse. Vieux us., p. 189 ; V. Lespy. Proverbes du Béarn, p. 138 ; Paul Sébillot, p. 281.

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