‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 302 sur 491 · Etienne de Bourbon. Anecdotes, p · texte numérisé non relu

Etienne de Bourbon. Anecdotes, p

censé attaché : l'idée qui préside à. celte offrande est indiquée avec netteté dans le pays de Liège où les campagnards atteints de fièvre tierce l'ont cuire un œuf dans leur urine, el vont le cacher dans une fourmilière : le mal décroît à mesure que l'œuf esl rongé par les insectes. En Basse-Bretagne le dépôt est accompagné d'un quatrain dont voici la traduction : •■ Fourmilière, je vous salue. — La lièvre suis venu vous apporter — avec un morceau de pain el un œuf ; — ne requiers que de ne plus la trembler ». En llle-et- Vilaine, pour la mente maladie, on y porte, pendant neuf jours consécutifs, des œufs frais; les paysans de Saar-Union en Alsace placent des œufs el 77 houlettes de pain dans la fourmilière. En Franche-Comté, pour guérir une sciatique opiniâtre, un œuf frais percé d'une quantité de petits trous y est posé au milieu par quelqu'un qui, durant tout le trajet, ne doit parler à personne, ni prononcer aucune parole. Dans le Bocage normand, uriner pendant neuf jours sur une fourmilière fail passer la jaunisse. Le nid de la manie guérit les dartres, suivant les paysans du Mentonnais 1.

Parfois c'est l'insecte lui-même qui, mis en contact avec le malade, opère la cure; dans la Seine-Inférieure une araignée posée sur la poitrine mange la lièvre ; en Lorraine, on lui faisait mordre les verrues; dans le Bocage normand la grosse sauterelle verte appelée chevrette passe pour manger ou détruire ces excroissances2.

Suivant une croyance encore enracinée dans le peuple, pour guérir la piqûre venimeuse du scorpion, il faut laver la plaie avec de l'huile dans laquelle on a fait mourir quelques-uns de ces insectes. Un vaude-vipe du XV° siècle montre que celle pratique était alors courante :

On nous dit : comme de nul un'

Le scorpion Mesme est bon contre sa blessure.

Pour guarison

Qu'il faut retourner aux bons vins

Comme à la beste '

Les (Viciions pratiquées avec des insectes paraissent rares: l'une d'elles était usitée au XVI0 siècle : pour ne pas avoir la barbe trop touffue, il fallait dès son enfance frotter ses joues d'œufs de fourmis4. Leur usage comme médicament interne semble plus fréquent: dans les Basses-Alpes, on avalait le matin, à jeun, trois ou neuf araignées vivantes pour se débarrasse]' de la lièvre; en Eure-et-Loir, on fait manger à

1. K. Rolland, I. c, p. 280 : L.-F. Sauvé. Lavarou-Koz, p. 141 ; A. Grain. Le /•'.-/.• de l'Ille-el -Vilaine, t. II, p. 20; E. Rolland, 1. c. : Rousaey. Glossaire de Bournois, p. 132; .1. Lecœur. Esquisses du Bocage, t. Il, p. 103 : J.-B. Andrews, in Hev. des Trad. pop., t. IX, p. 261.

2. Spalikowski. Paysages normands,^. 43-44; Richard. Trad. de Lorraine, p. 288 : .1. Lecœur, 1. c, t. I, p. 271.

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