LA MÉDECINE
celle de Haute-Bretagne :
Parvole (bis) Si tu m'aimes, que tu t'envoles ! '
En Languedoc on balance le papillon en lui disant :
Parpalhon, moun bon ami, Parpalhon, marida-te.
Ounte te maridarai, Aici ou alai?
Papillon, mon bon ami — Papillon, marie-toi. — Où te marierai-je — Ici ou là. Lorsqu'on le laisse échapper il donne la réponse en allant du côté où il lui plaît 2.
A La Rochelle, les enfants chantent, en tourmentant le grillon avec un brin d'herbe pour le faire sortir de son trou.
Grelet, grelet, sors de ton creux, Le serpent va manger tes œufs.
En le serrant entre leurs doigts, ils lui disent : Seyin, seyin (scieur) quand me feras-tu mes souliers? — Lindi, répond l'insecte3. En Haute- Bretagne, ils retournent les scarabées avec un brin de paille en leur adressant une rimette. Dans nombre de pays, ils crachent sur les bouziers, en prononçant une formule, qui tantôt est une sorte de conjuration (cf. p. 302) tantôt une invitation à donner du sang rouge en échange de sang blanc (crachat) ou devin blanc4. En Beauce, ils arrachent la tète du cerf-volant, qui survit longtemps à ce supplice, et sert avec ses longues antennes à pincer les camarades \
Le rôle des insectes dans la médecine populaire est assez restreint. La croyance d'après laquelle on peut se débarrasser de maladies en se rendant à une fourmilière a été constatée en plusieurs pays ; au moyen âge des femmes y portaient leurs enfants pour leur faire recouvrer la santé6. Le plus ordinairement on y dépose un objet auquel le mal est
t. L.Lambert. Chants populaires du Languedoc, t. I, p. 199-201; E Rolland Faunepop., t. III, p. 354; Paul Sébillot. Trad.. t. II, p. 286; Léo Desaivre. For'mulettes, p. 4. A Marseille où cet insecte joue le rôle du hanneton, on lui dit:
Catharinetto vouelo !
Toun pero ti soueno
Ti dara de figuettos
Sauto catharinetto !
Catherine ! yole — Ton père t'appelle - Il te donnera des figues - Saute Catherinette! (Régis de la Golombière. Les Cris de Marseille, p. 146).