‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 308 sur 491 · LES MOLLUSQUES · texte numérisé non relu

LES MOLLUSQUES

Bretagne si le premier lima que Ton rencontre a l'œil tourné du côté gauche, l'année sera bonne ; s'il est tourné du côté droit, le présage est mauvais. Dans les Vosges quand il doit pleuvoir, les limaces cheminent couvertes de terre ; en Loiret au contraire c'est l'indice que le temps sera beau. Dans les Vosges les limaces qui trainent sur leur dos des brins d'herbes, présagent le beau temps ; alors que l'opinion opposée est courante dans l'Orléanais. Dans le midi le tonnerre est appelé tambour des escargots et il les fait sortir de leurs cachettes. Les paysans prétendent qu'ils montent d'autant plusle longdes échalas qu'il pleuvra davantage '. On tire des augures d'un autre genre de la façon dont se présentent ces bestioles: on raconte dans la Côte d'Or qu'un mari prit un escargot et lui demanda ce que sa femme faisait en ce moment : l'escargot lui montra des cornes -. Une ancienne comédie fait allusion aux mésaventures conjugales que présage cette vue :

A peine étois-je assis sur une de ces bornes Que deux gros limaçons me préseateut leurs cornes. Plus je donuois de coups pour les faire rentrer Plus ils prirent de peine à me J«;s mieux montrer, Et de leur indolence ayant pris quelque ombrage Je me levai s>jr l'heure et les tuai de rage '.

Voici, d'après un poëte du XVIe siècle, ce que signifiaient les mollusques vus en rêve :

L'homme de nuict songeant ces animaux Peut bLn penser que lomgs seront ses maux *.

L'emploi médical de ces invertébrés est assez fréquent : Dans los Deux-Sèvres, pour faciliter la dentition, on fait porter aux enfants un petit corps dur que l'on trouve dans la tête de certaines limaces ; en Anjou, on leur suspend au cou dans; un sachet trois des concrétions du dessous du bouclier de la limace grise des jardins. Pour faire passer les verrues on se fruité les mains avec une grosse limace rouge ; à Lorient, et en Anjou, on la pique dans une épine, et le mal guérit à mesure qu'elle sèche ; il en est de même dans le Loiret où on l'enfouit en terre. En Basse-Bretagne, on roule sans L'écraser une grosse limace sur ses verrues, et on l'embroche ensuite en faisant choix, pour la traverser de part en part, d'une tige de céréale, aussi haute que possible, restée sur pied après la récolte ; aussi vite la limace desséchera, aussi vite les verrues tomberont5. Dans le Maine

1. Paul Sébillot. Traditions, t. II, p. 288; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes -Vosges, p. 138 ; E. Rolland. Faune pop. t. III, p. 213 ; L.-F. Sauvé 1. c. ; E. Rolland, I. c. p. 195.

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