‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 309 sur 491 · Ronsard. Œuvres, t. VI, p · texte numérisé non relu

Ronsard. Œuvres, t. VI, p

5. B. Souche. Croyances, etc. p. 2K ; Ç. Fraysso, in Rev. des Trad. pop. t. XX, p. 274, 275 ; E. Rolland, t. III. p. 213 ; L.-F. Sau -;è. in Mêlusine, t. Il, c 580

des escargots communs, dont on a brisé la coquille sans les tuer sont appliqués en cataplasme à la plante des pieds des malades atteints de la lièvre typhoïde ; en Anjou, trois escargots vivants ou écrasés mis autour du doigt atteint d'un panaris soulagent la douleur ou la font disparaître '. En Poitou, un ver de terre réduit en cendre sur une pelle rouge guérit la dent sur laquelle il est posé ; un limaçon vivant ou le jus qui en provient, introduit dans l'oreille, débarrasse de la surdité. Dans la Seine-Inférieure, on place des centaines de lombrics autour d'un enfant qui souffre des ver3. Dans les Deux-Sèvres on met au BOU de ceux atteints du mal de gorge un collier de toile rempli de lombrics 3.

Une comédie du XVII* siècle fait allusion à un jeu favori des enfants : Vous n'êtes pas, dit un des personnages, le premier limaçon qu'on ait fait rentrer dans sa coquille après lui avoir fait montrer les cornes3. Les formulettes que l'on chante à l'escargot pour l'engager à les attirer sont fort nombreuses ; il en a été recueilli une centaine, les unes pleines de promesses, les autres comminatoires *.

La lenteur du limaçon est proverbiale ; on dit en Limousin d'une personne lente, qu'elle fait comme le limaçon, qui met trois jours à atteindre le faite d'un chou, tombe et s'écrie : « Au diable la hâte ! » Dans la Côte-d'Or, on conte qu'un escargot mit trois ans pour traverser un pont ; quand il fut de l'autre côté, le pont s'écroula : « Ce que c'est que d'être habile ! » s'écria l'escargot i. Dans plusieurs contes français dont le thème se rapproche de celui du lièvre et de la tortue, le rôle de celle-ci est rempli par le colimaçon : En Haute-Bretagne, il défie le renard à la course le long d'un sillon, et place secrètement à chaque bout un de ses compères, qui lorsque le renard arrive crie : Je suis au but ! le même conte est populaire dans le Loiret et dans les Deux- Sèvres 6. L'escargot parie aussi, soit avec le renard, soit avec le loup, qu'il arrivera plus promptement que lui à un certain endroit, et il y réussit en grimpant après la queue de son adversaire \

\. De la Perraudiére. Trad. locales, p. 7 : C. Fraysse, in liev. des Trad. pop., t. XX, p. 276.

2. Léo Desaivre. Croyances, etc., p. 8 ; E. Spalikovvski. Paysages normands, p. 43 ; B. Souche. Croyances, etc., p. 28.

3. Les Fées (1697), se. 7, Théâtre italien de Gherardi, t. VI, p. 644, éd. de 1741.

4. E. Rolland. Faune populaire, t. 111, p. 196-205 : Paul Scbillot. Traditions, t. 11, p. 288-289; Léo Desaivre. Formulettes et En/'untines ilu l'oilou, p. 5; Edgar 1 Mac Culloch. Guemseg Folk-Lore, p. 491 ; Roussey. Glossaire de Bournois, p. 97; Marins Touron, in Hev. des Trad. pop., t. XX, p. 38 (Picardie) ; L. Lambert. Chants pop. du Languedoc, t. 1. p. 209-210.

5. J.-B. Champeval. Prorerbes bas-limousins, p. 112; E. Rolland, p. 208.

6. Paul Sébillot. Litt. onde de la Haute-Bretagne, p. 23S-239 ; E. Rolland, t. 111, p. 208-209 ; B. Souche. Proverbes, etc., p. 19.

7. Clément-Janin. Sobriquets de la Côle-d'Or. Dijon, p. 88-89; E. Rolland, p. 208 (Berry).

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