Paul Sébillot. Notes sur les traditions, p
3. E. Rolland. Faune pop., t. 1, p. 4 ; F. Mistral. Trésor don Feàbrige; Paul Sébillot. Traditions, t. II, p. 94; B. Souche. Croyances, p. 2.» : A. de Chesnel. Usages de la Montagne Noire, p. 372.
4. E. Rollaud, t. I, p. 17, d'à. Bull, de la Soc. prolectrice des animaux, t. V, p. 359; B. Souche, 1. c. ; J. Lecœur. Esqttisses du Bocage, t. I, p. 269 ; Paul Sébillot. Littérature orale de l'Auvergne, p. 118.
5. Eustache Deschamps, t. II, p. 66. Balade CCXXV1I. Dans le Miroir de Mariage du même poète, t. IX, p. 34 et 36, il est encore question du loup :
Qu'on pandit Tout vif, si qu'en pandant languist.
Le loup ne figure pas dans le catalogue des procès d'animaux dressé par W. Jones. Credulities past and présent. Londres, 1885, in-8°, p. 303-305 ; on y trouve la mention de quelques procès faits à des rats, des souris ou des mulots,
Og LES .MAMMIFÈRES SAUVAGES
tiôrê. Des fragments de cet animal étaient mis à une sorte de pilori, sui\anl un usage observé même à la cour de France : au retour d'une chasse faite par Charles IX dans la forêt de Saint-Germain :
Sur le front du chasteau pour signe de conqoeste,
(in attacha la pâte et l'exécrable teste
Du loup et de sa louve et de cinq louveteaux.
Le caractère d'exemple est encore'plus apparent dans une fable de Lafontaine ; lorsque les manants eurent assommé le loup qui voulait manger un enfant criard, le seigneur du village mit à sa porte, en l'accompagnant d'une inscription, le pied droit et la tête du carnassier1.
On croit en beaucoup de pays que des hommes acquièrent par des moyens mystérieux le pouvoir de se faire suivre des bêtes, et de les contraindre à exécuter leurs ordres. Les meneurs de loups, dont j'ai parlé au chapitre des forêts, t. I, p. 28 et suiv., sont les plus connus et les plus redoutés de ces magiciens. Au XVIIe siècle, on accusait les sorciers d'envoyer ces carnassiers contre les moutons et dans les bergeries, et celte idée n'est pas complètement effacée. D'autres mammifères sauvages obéissent aussi à certaines gens ; au temps des procès de sorcellerie il y en avait qu'on accusait de susciter des rats à l'aide de Satan : cette superstition, signalée aussi par Thiers, subsiste toujours. Dans le Bessin, dans la Manche, en Sologne les sorciers envoient ces rongeurs en troupes2. En Ille-et-Vilaine, comme dans la Mayenne, ils peuvent les éloigner ou les attirer où il leur plaît ; ceux auxquels on attribue ce pouvoir sont souvent des mendiants ou des coureurs ; aussi on se garde de refuser l'aumône aux passants mal vêtus, de peur qu'ils ne fassent arriver les rats. Quand ils sont ainsi venus par sorcellerie, les chats n'y touchent plus, et il est impossible de à'en débarrasser tant que le sort n'a pas été levé. Des gens assurent avoir été témoins des migrations de ces bêtes malfaisantes. Une couturière de Basse-Normandie avaitvuun mendiant marcherlentementparun chemin creux, suivi de tout un troupeau de rats dont les premiers avaient le nez sur les talons de ses sabots. Le lendemain elle apprit qu'une ferme du voisinage avait été dévastée par les rongeurs ; un paysan wallon croisa aussi toute une armée de rats en marche4. Dans le Bocage normand leur conducteur recommandait à celui qu'il rencontrait, de
1. Amadis Jamyn. Œuvres poétiques. Paris, 1579, in-8°, p. 69 ; Lafontaine. Fables, L. IV, f. 16.
:2. J.-B. Thiers. Traité des sup., t. 1, p. 136 ; Henry Boguet. Discours sur les sorciers, ch. XXXIV ; Léon de Buzonnière. Les Solonais, t. I, p. 60; F. Pluquet. Contes de liayeur, p. 44 ; Amélie Bosquet. La Normandie romanesque, p. 283.
3. Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 114; G. Dottin. Les Parlers du Bas-Maine, p. 342.
4. J. Lecœur. Esquisses du liocaqe, t. Il, p. 88; Ernest Doudou, in Wallonia, t. X, p. 106.