‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 324 sur 491 · G. Le Galvez, in liev. des Trad. pop., t. I, p · texte numérisé non relu

G. Le Galvez, in liev. des Trad. pop., t. I, p

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grise, appelée sauterelle; pour cela, il suffit d'extraire délicatement deux'petits appendices situés près de la tête ; avec un peu de bonne volonté, on arrive à distinguer Eve d'Adam par la longueur différente de ce qui simule leurs cheveux. Aux .environs de Saint-Malo, on fait voir dans l'intérieur de la tête du homard la Vierge avec deux anges '.

En plusieurs pays, notamment en Haute-Bretagne et en Poitou, le bopyre parasite qui produit sur la tête de la crevette une excroissance ronde passait pour contenir une petite plie ou limande, parfois une sole2. Certaines personnes croient que la langouste est la femelle du homard, et le bouc le mâle de la crevette, qui est appelée chevrette. Les pêcheurs des environs de Saint-Malo disent que le homard est 1 ami du congre, parce qu'on les trouve assez fréquemment dans le même trou. Sur les côtes de la Manche, le Bernard l'Ermite est regardé comme venimeux ; si on porte la main à ses yeux après avoir touche à un poisson qu'il a tué pour s'emparer de sa coque on s'expose à une maladie incurable3. Les présages tirés des gestes des crustacés sont assez peu nombreux. Lorsque dit un écrivain maritime du XVIIe siècle, les cancres saisissent, des pierres entre leurs serres ou s'enfoncent dans le sable, c'est l'indice de quelque tempeste pluvieuse. En Haute-Bretagne on croit que quand on voit les puces de mer (talitres) sauter sur le sable, le dimanche, il fera beau pendant huit jours \

Suivant une croyance générale les crustacés ne sont pas aussi pleins de chair dans le décours ou dans le croissant qu'à la pleine lune.

Certains pêcheurs du littoral de la Manche, regardent les crabes comme des espèces de génies de la mer ; ils assurent qu'ils ont de l'influence sur la pêche et qu'ils forcent les poissons à venir mordre aux lignes ; ils peuvent aussi leur défendre d'y toucher ; quand ils ne prennent rien, ils attribuent leur malechance à ces crustacés et ils disent : « Nous sommes maudits des crabes. » La locution cancalaise : être maudit ou protégé des carnibeaux (Bernards l'ermite) ou des crabes suppose une croyance analogue. Plusieurs en sont tellement persuadés, que lorqu'ils les rencontrent sur la grève, ils ne manquent pas de les écraser en disant :

1. A. Bout, iQ Hev. des Tracl. pop., t. XVII, p. 161 ; Paul Sébillot. Trad, t. 11,

P'225E. Rolland. Faune pop., t. 111, p. 105 ; Paul Sébillot. Trad., t. U, p. 256 ; Léo Desaivre. Croyances, p. 29. .

3 Paul Sébillot 1. c. p. 254, in llev. des Trad. pop., t. H, p. 304. b. O. s. le commentateur de du Barfas, dit que le peuple du Languedoc et de rovence ^e surnomme Bernard, par un sobriquet donué a ceux qui s appellen ainsi e Mu on llJn pour gens de cerveau léger, car ils disent que ^ poisson est bien 8ot Je se cacher es maison d'autry, ayant moyen de vivre et de f^T^n a vu t 1 ô 2*! œuvres de G. de Salusle du Marias. Pans, 1611, in-Jp. 229. Ou a vu t. 1, p. ", que ce sobriquet est attribué avec le même sens a 1 homme dans la Lune.

4. Paul Sébillot. Léqendes de la Mer, t. II, p. 62; Le P. Fournier. Hydrographie, 1. XV, c. 32 ; Paul Sébillot. Trad., t. IL p. 272.

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