Boucher de Perthes. Chants armoricains, p
5. J.-B. Thiers. Traité des sup., t. I, p. 271 ; J.-M. Noguès. Mœurs d'autrefois en Saintonge, p. 60 ; Aug. Hock. Croyances du pays de Liège, p. 182.
reprises, à trois fêtes annuelles, Pâques, l'Assomption et la Toussaint. 11 fait faire un grand tapage, avant le jour, autour de l'endroit à délivrer, puis portant trois tisons du feu de la Saint-Jean, il fait tout seul dans le domaine, un tour qui doit être aussi grand que possible, parce qu'il marque l'endroit où le renard ne pourra passer; il devra aussi tenir la main gauche en dedans de la circonférence, sans jamais tourner sur la main droite. Le bruit qui précède l'opération a pour but de faire fuir le renard, ; s'il restait dans la circonférence faite par le eonjurateur, il étranglerait toute la volaille. Celui qui conjure ne doit jamais regarder par côté ou en arrière ; il s'arrête au premier carrefour, trace avec l'un des tisons une croix sur le milieu de la route, s'agenouille dessus pour y réciter cinq Pater et cinq Ave ; puis il se lève, fait neuf pas devant lui, et sur la place du dernier, il trace une croix, puis à reculons, il refait les neuf pas, sans se détourner, pour revenir à la première croix. Cest de là qu'il part pour continuer le tour, après avoir jeté derrière lui le tison, sans se retourner, et il crie : « Renardère, renardot, ne passe jamais ce tison ! » Après avoir fait trois tours, avant de fermer la circonférence il crie au renard : « Tu es banni d'ici, tu pourras te retirer dans tel domaine, pars d'ici ; pars ! » 11 ne faut pas qu'il y ait un cours d'eau à traverser pour que le renard puisse s'y rendre. Ce sera à ceux de l'endroit de l'écarter. Celui qui a le pouvoir de conjurer le perd s'il dit à un autre sa formule, et c'est celui-ci qui le possède '.
Au commencement du XVIIe siècle il y avait au pays du Berry et en quelques autres endroits de la France des bergers qui faisaient ouvertement profession de sortilège et de magie, et se louaient à qui voulait à garder le bergail et le bétail un an durant, et le préserver du loup, ce qu'ils faisaient usant de charmes et cercles2. Cette industrie semble avoir disparu depuis que les loups sont moins nombreux ; pourtant dans les Ardennes il y aune centaine d'années un homme charmait ces carnassiers en récitant une incantation dont il ne voulut jamais révéler les paroles exactes3. Il est vraisemblable qu'elles se rapprochaient de celles d'une des formules dont le texte nous.a été conservé. Plusieurs oraisons populaires ont en effet pour but d'empêcher les carnassiers de nuire aux troupeaux et aux volailles; la plus connue est la Patenôtre du loup. Elle est sans doute ancienne, et il y est fait allusion dans le fabliau du Povre Mercier : quand la louve a mangé son cheval, bien qu'il l'ait recommandé et « en latin et en romant» il vient s'en plaindre au seigneur en disant :