INFLUENCE SUR LE PHYSIQUE
Certains actes pratiqués sous des arbres de diverses espèces procurent des avantages ou amènent l'accomplissement de vœux. Dans la Gironde, lorsque le premier enfant est un garçon, et qu'on désire plus tard avoir des filles, il faut lui couper les premiers ongles sous un rosier. lia même opération faite sous un rosier blanc, un jasmin ou un figuier assure à l'enfant une belle voix *. En Anjou, en raison d'idées analogiques, pour qu'un enfant n'ait pas le teint pâle, on l'expose., peu de temps après sa naissance, le nombril à l'air, sous un rosier de couleur. On enterre aussi son cordon ombilical au pied d'un rosier à fleurs blanches, si Ton veut qu'il ait le teint mat et distingué ; à fleurs roses si l'on veut qu'il ait des couleurs fraîches et à fleurs rouges si l'on désire qu'il ait des couleurs vives. Si on l'enterrait au pied d'un cep de vigne, l'enfant deviendrait ivrogne2.
Au XVe siècle, plusieurs observances en rapport avec les arbres avaient de l'influence sur le physique : Pour faire avoir aux enfans cheveux crespez, tantost après qu'ilz sont desobez, il convient laver leur chief de vin blanc et en leur baing soit mise la rachine de blanche vigne... Quant l'enfant est nouvellement né et avant qu'il suche la mamelle, se on lui donne à mengier d'une pomme cuitte, jamais, après, toute sa vie, il n'en sera si luffres ne gourmant à table, en boire et en mengier, et si en sera plus courtois en fais et en parolle entre les dames. A la même époque, des fruits mettaient à l'abri de l'ivresse : Qui veult boire de toutes manières de vins sans estre yvre, il ne fault que se desjuner d'une pomme sure au matin et^ boire un trait de fresche eaue 3.
Plusieurs croyances s'attachent aux fruits doubles : en Poitou, il faut, sous peine de malheur, ne manger que la moitié de celui qui est besan. Ce préjugé s'explique moins que celui qui, par analogisme, établit une relation entre les naissances gémellaires et les fruits doubles : en Poitou la femme qui en aura mangé un ayant deux noyaux sous la même enveloppe aura deux jumeaux ; à Menton, il suffit pour cela que la femme étant enceinte trouve un fruit double *. Suivant un dicton du Poitou et du Bocage vendéen, l'homme qui mange sept cormes vertes devient femme; dans l'Aude, on l'explique d'une façon assez rationnelle; quand un homme dit : Je voudrais bien être
bier, alors qu'en Islande il passait pour avoir une mauvise influence, qu'il était nécessaire de contrebalancer en y mettant du saule ou du genévrier (Tborpe. Northern Mythology, App. 228 ; F. S. Bassett. Leyends of the Sea, p. 433).