‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 357 sur 491 · C. Fraysse, iu Rev. des Trad. pop., t. XX, p · texte numérisé non relu

C. Fraysse, iu Rev. des Trad. pop., t. XX, p

3. Les Evangiles des Quenouilles, I, 14, 13, app. B, I, 12, VI, 15.

4. B. Souche. Proverbes, p. 27 ; Léo Desaivre. Croyances, p. 13 ; J.-B. Andrews, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p. 111.

5. Léo Desaivre. Croyances, etc., p. 31 ; Jehan de la Chesnaye, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 466; E. Rolland. Flore pop., t. V, p. 1113.

femme ou réciproquement, on lui répond que pour changer de sexe, il faudrait d'abord manger neuf sorbes vertes, sans faire la grimace5. Il est vraisemblable que Ton a cru que certains fruits pouvaient, comme la pomme de l'Eden, communiquer la science : On prétend aux environs de Dinan qu'une jeune fille, qui ferait cuire dans l'eau d'une fontaine dont la source arrose un cimetière, une pomme de chêne parvenue à une certaine maturité deviendrait aussi savante qu'une fée d'autrefois '.

Suivant des croyances constatées dans les légendes du sud-ouest de la France, les fées connaissaient seules les vertus propres à quelques essences. Dans des récits de l'Albret la grande fée crie à une petite qui était allée dans une maison, de parler de tout, hormis de ce à quoi est bonne la feuille de vergne ; car si les bouviers le savaient ils porteraient tous l'aiguillon doré 2.

Les arbres sont quelquefois associés à des opérations qui se rattachent à l'amour. On disait au XVe siècle : Se une femme veult que son mari ou amy l'aime fort, elle lui doit mettre une fueille de gauguier (noyer), cueillie la nuit saint Jehan tandis qu'on sonne nonne, en son soûler du pied senestre, et sans faulte il l'amera moult merveilleusement. A l'époque de la Renaissance, ceux qui voulaient par mariage contraindre les femmes à leur amour se servaient d'une pomme qu'ils leur donnaient manger 3. En Vimeu le jeune homme qui désire être aimé cueille des feuilles d'arbre sur lesquelles se sont formées des boules où nichent des insectes, et il les fait dessécher ; avant de tendre la main à la jeune fille, il la frotte avec une de ces feuilles ; dès l'instant où celleci aura porté à son visage la main touchée, elle sera forcée de l'aimer à son tour*.

Les feuilles et les fruits de quelques arbres servent à des opérations qui rappellent l'envoûtement ; un poète de la Pléiade en décrit une :

Tourne, ronet, tourne d'un roide tour.

Gilet me brusle et sur Gilet j'enflâme

Ce lorier cy : connue dedans la flamme

II a craqué tout à coup allumé,

Et tout à coup je l'ay vu consumé,

Et n'a laissé tant soit peu de sa cendre,

En poudre ainsi Gilet puisse descendre

Estant repris du feu de mon amour5.

On croyait que si les sorcières pouvaient se procurer la coque d'une noix que celui qu'elles dévouaient eût mangée, elles s'en servaient pour leur transmettre le mal 6. Dans la Gironde, pour faire mourir son

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