‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 364 sur 491 · O. Colson, in Wallonia, t. IV, p · texte numérisé non relu

O. Colson, in Wallonia, t. IV, p

analogue; en Basse-Brelagne et à Guernesey, on remplace le pépin par un noyau de cerise1.

Lesfruitsou les feuilles favorisent les rêves amoureux : les jeunes Lorraines désireuses de connaître en songe le nom de celui quelles épouseront, mangent en se couchant la veille de la Saint-André, une pomme en formulant leur désir, mais il faut qu'elle ait été mise dans leur poche à leur insu. En Ille-et-Vilaine, après avoir récité un Paier et un Ave on pose sous son oreiller, sans parler à personne, une feuille de laurier palme ; dans quelques communes, trois feuilles de laurier doivent y être mises la veille des Rois, en récitant une rimette. Dans la Gironde, une des feuilles de la jonchée piétinée par la mariée procure cette vision ; en Haute-Bretagne, un morceau de la seconde pelure du saule, la plus rapprochée du hois 2. A Guernesey, la jeune tille passe deux épingles en croix dans une pomme de reinette, et la met sous son oreiller, la nuit de la Saint-Thomas ; quelques-uns disent que la pomme doit être enveloppée jdans le bas de la jambe gauche ; cette action est accompagnée d'une formulette adressée à saint Thomas3.

Les feuilles interviennent aussi en matière de pèlerinage : dans l'Albret, pour savoir de quel mal de saint on est tenu, celui qui consulte place lui-même dehors, après le soleil couché, sur une pierre, une feuille de lierre marquée ; le lendemain la feuille du saint auquel on doit faire la dévotion sera toute marquetée ; en Haute-Normandie, une vieille femme commence une neuvaine, puis elle met trois feuilles de lierre dans un verre plein d'eau bénite; celle qui jaunit ou se tache la première dénonce le saint auquel est tenu l'enfant malade *.

La consultation par la pelure est très usitée : En Wallonie, le soir de la Saint-André, les jeunes filles pèlent'avec précaution une pomme, de façon que la peau reste entière, et la jettent, sans se détourner, derrière le chef du lit ; le lendemain elle montrera un dessin dans lequel la jeune fille s'efforcera de retrouver l'initiale de son futur mari. En d'autres pays, l'époque de l'année n'importe guère : le rite consiste à lancer la pelure derrière soi par dessus sa tète ou par dessus son épaule ; dans le Vimeu et en Normandie, la jeune (iile qui pèle une pomme ou une poire, de façon à former un long ruban sans brisure, se marie dans l'année ; mais dans le Bessin, il faut de plus la faire

1. Paul Sébillot.i Trad., t. II, p. 320; J. Fleury. Patois de la Hague, p. 117-8 ; 0. Colson, in Wallonia, t. IV, p. 50-1 ; F. Sauvé, in lieu, des Trad., pop., t. IV, p. 314-375; E. Rolland. Flore pop., t. V, p. 342.

2. Richard. Trad. <le Lorraine, p. 177; Paul Sébillot. Trad., t. Il, p. 317; A. Orain. Le F.-L. de Vllle-el-\'ihiine. t. I, p. 98; G. de Mensignac, p. 220; Paul Bébillot, 1. c, p. 313.

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