LEURS USAGES AUX NOCES
autrefois la coutume de tendre une ronce sur le chemin que les mariés prenaient puur se rendre à l'église ; ils ne pouvaient passer qu'après avoir donné quelque monnaie aux jeunes gens ; elle est encore observée dans la vallée d'Aspe et dans la Bigorre1.
Vers le milieu du XIX3 siècle, une singulière pratique avait lieu à Gaillac, dans le Tarn : lorsque les époux étaient agenouillés au pied de l'autel, les assistants faisaient pleuvoir une grêle de noix sur leur dos, et le premier qui se retournait vers les agresseurs devait être celui qui, selon le dire des bonnes femmes, apporterait le plus de jalousie dans le ménage. Dans les Hautes-Alpes, vers 1840, sur la table dressée à l'entrée de chaque village lorsqu'on savait qu'une noce devait y passer, il y avait deux noix confites, une pour chaque époux, et un verre de liqueur que les époux n'osaieot refuser de boire la moitié chacun, ce qui signifiait qu'ils devaient être unis comme les coquilles d'une noix2. Dans le pays de Kernevel, on donnait des noisettes à la mariée pendant toute la première nuit de ses noces3.
Dans certaines parties de l'Anjou, lorsque le cortège revient de l'église, on trouve un arbre planté la veille au centre d'une roue recouverte de terre. On invite tous les jeunes gens, marié et garçons d'honneur en tète, à venir essayer de l'arracher pour montrer leur vigueur ; après de vains efforts, on le brise en le tordant et on danse autour du tronçon. En Saône-et-Loire, le jour qui termine les fêtes on pose un laurier sur le haut de la maison de l'épousée lorsqu'il n'y reste plus de fille à marier, et l'on danse autour si l'inclinaison du toit le permet4. Il y a quelques années encore, dans le Maine, la mère qui mariait son dernier enfant, s'attachait au dos, le soir du bal de noces, un petit sac rempli de noisettes rousses, et où se trouvait un trou étroit qui laissait passer les noisettes une à une ; elle dansait jusqu'à ce que la dernière fût tombée ;.
L'usage de mettre en terre des arbres qui ne sont pas destinés à prendre racine, à des époques déterminées ou lors de certaines circonstances, est ancien en France. Il était courant, même dans les villes, où il ne constituait pas toujours, comme dans la plupart des exemples contemporains, une sorte d'emblème d'amour. Au XVIIe siècle, la chute d'un mai planté devant une maison était regardée comme un mauvais présage ; les Mémoires de Bassompierre rapportent que l'année où Henri IV fut assassiné, celui qui était érigé devant le Louvre tomba tout à coup, et que chacun redouta des événements funestes. En Béarn lors des
\. V. Lespy. Proverbes du Béarn, p. 160; Coundes biarnès, p. 286.
2. A. de Chesnel. Usaqes de la Montanne noire, p. 361 : E. Rolland. Flore pop., t. IV, p. 61. * r *