‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 368 sur 491 · Mm« Destriché, in Rev. des Trad. pop., t. I, p · texte numérisé non relu

Mm« Destriché, in Rev. des Trad. pop., t. I, p

débordements causés par la fonte des neiges, qui ont lieu au mois de mai et sont pour cela appelés maijades, et qui, probablement à cause de leur coïncidence avec la saison des fleurs, sont marqués par des réjouissances, on plante lou may, le plus beau peuplier du village, à grand renfort de musique. Les jeunes gens du Forez, avant d'aller annoncer la belle apparence des récoltes, plantent à l'entrée du village un pin ou un sapin, et dansent autour en chantant1.

Dans la chaîne du Jura on apportait naguère un arbre feuille devant la demeure d'un maire nouvellement élu ; en Périgord lorsqu'il est un riche propriétaire, chacun de ses métayers plante un pin. On érigeait encore des mais en quelques communes de Lorraine devant le domicile des fonctionnaires, et autrefois, à Laudivisiau (Finistère), devant celui du maire, du curé et des principaux notables2. En Canada on conservait, il y a une soixantaine d'années, l'usage venu de la vieille patrie, de dresser un arbre devant la maison des personnes auxquelles on voulait donner une marque de respect, et pendant la nuit, on montait la garde autour, de peur qu'il ne fût abattu par de mauvais plaisants, ce qui aurait constitué un affront des plus graves 3. Il y aune trentaine d'années, les garçons de la Mayenne, qui, le premier mai, allaient quêter de ferme en ferme, plantaient un petit arbre ou une petite branche ; s'il survenait une bande rivale, elle s'efforçait de l'arracher, et parfois la lutte était violente ; dans le Vimeu, après qu'un premier groupe avait placé son mai, un ; autre venait parfois le mutiler ou l'enlever pour y substituer un arbre d'une signification contraire 4.

Les arbres entiers ou leurs fragments sont, la plupart du temps, en rapport avec l'amour. Dans le pays chartrain, au commencement du XIXe siècle, les garçons suspendaient à la fenêtre de leur maitresse, la nuit qui précède la Saint-Jean, une branche de sapin ou de noyer 5.

Les rameaux emblématiques sont surtout en usage le premier mai, et parfois pendant tout le mois ; leur signification varie suivant les contrées : En Picardie, la branche de sapin devant la maison d'une jeune fille est destinée à lui faire honneur, alors que dans l'Yonne et dans les environs de Péronne, elle est réservée à celle dont la conduite laisse à désirer, et, en Wallonie prussienne, à celle qui a mauvaise langue ; dans le pays wallon, la branche de noyer équivaut aune accusation de mœurs légères s. En Picardie, le cerisier veut dire que la jeune

i. Coundes biarnès, p. 119, n. ; V. Smith, in Romania, t. II, p. 59.

2. D. Monnier et A. Vingtrinier. Traditions, p. 307; P. Bouscaillou, in Rev. des Trad. pop., t. X, p. 309; Richard. Trad. de Lorraine, p. 173 ; Vérusmor. Voyage en Basse -Bretagne, p. 249.

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