‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 371 sur 491 · X. de la Perraudière. Trad. locales, p · texte numérisé non relu

X. de la Perraudière. Trad. locales, p

2. Vauquelin de la Fresnaye. Idillies, 1. I, Id. XXVIII, p. 480.

3. H. de la Villemarqué. Barzaz-Breiz, introd. p. XLIII ; une saynette bretonne de Jean Le Fustec intitulée: Sous les pommiers. Paris, 1880, in-8, e9t fondée sur cette croyance.

4. Dardy. Anthologie de VAlbret, t. I, p. 229 ; Régis de la Colombière. Les Cris de Marseille, p. 271 ; Gaston Jourdanne. Contribution du Folk-Lore de l'Aude, p. 44; C. de Mensignac. Sup. de la Gironde, p. 52; A. de iNore. Coutumes, p. 148 ; Auricoste de Lazarque, in Rev. des Trad. pop. t. X, p. 532 ; J. de Laporterie, ibid., t. VIII, p. 469 n.

faisceau d'une plante toujours verte, buis, cyprès, pins etc. Il était autrefois d'usage en Saintonge de mettre dans le cercueil le dernier rameau de myrte (bénit le jour des Rameaux) qui avait appartenu au mort, afin qu'il pût s'en servir à l'autel du bon Dieu l.

Parmi les fleurs, il en est une tout au moins qu'on ne doit pas employer pour honorer les morts ; Dans la Vienne on se garde de placer des roses d'églantier sur les tombes, parce qu'elles porteraient malheur à la famille2.

L'if est l'arbre consacré dans les cimetières bretons où d'ordinaire il n'y en a qu'un ; on dit qu'il pousse une racine dans la bouche de chaque mort. En Poitou les cimetières ruraux sont en général plantés de noyers, quelques-uns de ceux de Cotentin, d'épines3. On voyait encore naguère des pommiers dans quelques-uns des cimetières de la Haute-Bretagne qui entouraient les églises ; il en était de même en Normandie, et les auteurs des vaux-de-vire font allusion à l'ancienneté de la coutume :

On plante des pommiers aux bors

Des cyinetieres, prez des mors,

Pour nous remettre en la mémoire

Que ceux dont là gisent les cors

Ont aymé comme nous à boire*

VersI830,le dimanchedesRameaux,le derniermarié del'année posait, en la tordant, une grosse hart de chêne autour de la croix du cimetière de Saint-Brice sous Reine (Orne). Dans l'Yonne, on bénissait à l'église des pommes que l'on attachait à un cercle de l'ancienne croix du cimetière; elles étaient mises en adjudication le jour de Pâques et vendues très cher, parce qu'on leur attribuait la vertu de préserver de la fièvre 6.

Dans presque tous les pays de France on constate l'usage de placer à la porte des cabarets des branches d'arbres au feuillage éternellement vert ; suivant une curieuse notice de Raoul Rosières, c'est une survivance de ceux qui étaient autrefois consacrés à Bacchus. Au XVIe siècle les auberges de Normandie avaient de ces enseignes :

Pour cornette et guidon, suivre plus tost on doit

Les branches d'hiere ou dif qui montrent où l'on boit6.

1. A. Le Braz. La Légende de la Mort, t. 1, p. 71 ; A. de Nore, Coutumes, p. 10 ; B. Souche, in Rev. des Trad. pop. t. VIII, p. 420 ; E. Rolland. Flore pop. t. V, p. 2.

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