G. Maspero. Contes de l'Egypte ancienne, p
4. Paul Sébillot. Contes des Landes et des Grèves, p. 171 ; Jeanne de Plouhinec, in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p. 111.
seul coup de cognée, sans écorchcr ni froisser trop rudement aucune des racines plus petites '.
Plusieurs contes parlent d'arbres dont il suffit de manger les fruits ou les feuilles pour être changé en bête. Lorsqu'un homme sauvage qui venait sucer le sang de la sœur d'un chasseur a été tué par celuici, il est enterré dans lt jardin, où se montre un arbre si beau que jamais on n'a vu son pareil ; mais la petite fille ayant mis de ses feuilles dans la soupe de ses frères, ceux-ci sont métamorphosés en moutons, car l'homme sauvage était un « Fête » et l'arbre né de lui était aussi fée ; après avoir goûté à des cerises un homme devient cheval2. Plus souvent celui qui a mangé un fruit magique est aussitôt pourvu d'un accessoire ridicule, ou l'un de ses organes prend un développement exagéré ; il n'est débarrassé de ces inconvénients que lorsqu'il a mordu dans un fruit, ordinairement de même espèce, doué d'une propriété contraire. En Lorraine, en Haute-Bretagne, en Basse- Bretagne des pommes, en Haute-Bretagne des poires, — circonstance qu'on retrouve aussi en Champagne, — des pèches, des oranges, font pousser des cornes ; dans un récit de l'Albret, ce sont des prunes, et des poires les enlèvent. Les fruits amènent encore d'autres inconvénients : Dans un conte wallon des prunes, dans un autre de l'Albret, des pommes font allonger le nez et d'autres le raccourcissent. Dans un conte du Canada français, un homme monte sur un figuier et mange les plus gros fruits ; aussitôt il lui vient une queue comme à un singe ; elle disparaît quand il a mangé de plus petites figues3.
Des arbres ou leurs fragments influent sur la mémoire ou sur le sommeil. Il y avait à Tourville un arbre dont l'ombrage faisait perdre au voyageur toute possibilité de retrouver sa route et tout désir de la poursuivre ; celui qui s'asseyait dessous y resterait indéfiniment si un passant charitable ne rompait le charme, en l'éveillant de son sommeil magique, après avoir mis un de ses vêtements à l'envers4. Plusieurs héros de contes tombent dans une léthargie dont rien ne peut les tirer, après qu'ils ont respiré une rose, plus souvent encore quand ils ont mordu a. une orange, à une pomme, à des prunes, à des figues ; le fruit diffère suivant les régions3.