‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 395 sur 491 · AVERTISSEMENTS ET PRODIGES · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENTS ET PRODIGES

des aventures, si l'un d'eux est menacé de mort, son rosier se flétrit (Haute-Bretagne, Normandie, Wallonie) une rose tombe (Lorraine) ou se fane (Poitou); dans un conte de l'Ille-et-Vilaine, un laurier dépérit ' ; une légende poitevine présente ce même épisode : saint Honoré de Buzançais en Berry, qui faisait le commerce des bestiaux en Poitou, y fut assassiné et les feuilles d'un laurier, en se desséchant subitement, dévoilèrent son trépas à sa mère, à laquelle il avait appris que, tant que cet arbre resterait vert, elle ne devait avoir aucune inquiétude pour sa santé. Dans un conte basque, un peuplier se flétrit; un conte des environs de Lorient parle d'un chapelet de baies rouges qui se fanent dans la main d'une jeune fille et la préviennent de la mort de ses frères ; le laurier d'un conte breton, dans la même occurrence, donne du sang au lieu de sève quand on y enfonce un couteau. Une reine qui était fée met dans la manche de sa fille, au moment où elle va accomplir un voyage périlleux, une pomme d'or, grâce à laquelle elle est avertie des dangers qui la menacent. Un veuf obligé de s'absenter donne à chacune de ses trois filles un boulon de rose, en leur disant que si à son retour ils sont encore frais, ce sera la preuve de leur sagesse ; dans une variante poitevine des roses sont remises aux deux aînées et elles doivent se flétrir si elles manquent à leur devoir; il en est de même de celles qu'un roi confie à ses deux filles au moment de partir pour la guerre 2. L'arbre dont un fragment fait concevoir figure dans un des plus anciens contes populaires qui soient venus à notre connaissance3 ; on le retrouve, quoique rarement, dans des récits contemporains : Une reine qui n'avait pas d'enfant, coupe en quatre une pomme dont le diable déguisé lui avait fait présent ; elle en donne un morceau à son mari, mange les trois autres et devient mère d'une petite fille. D'après une légende du Morbihan, la femme qui mange une feuille de chêne auquel a été pendue une sorte de martyre, est certaine d'avoir un enfant 4.

Dans une des versions du Corps sans âme, la vie du magicien-géant Pharaus réside dans un vieux buis qui est dans le jardin du château ; pour le tuer, il faut l'abattre et en couper la principale racine, d'un

1. Paul Sébillot. Contes, t. I, p. 125, 127, 129; Henry Carnoy. Contes français, p. 136; Aug. Gittée et J. Le moine, p. 25; E. Cosquin, 1. c. t. II, p. 57; Léon Pineau. Contes, p. 29 ; Paul Sébillot, iu Iiev. des Trud. pop., t. IX, p. 174.

2. La Fontenelle de Vaudoré. Hecherches sur les vigueries et les origines de la féodalité, en Poitou, in Anliq. de VOuesl, 1838, p. 404, note; J.-F. Cerquand. Contts du pays basque, t. III, p. 56; E. Rolland, in Mélusine, t. I, col. 214 ; b'.-.M. Luzel. Contes bretons, 1870, p. 65, 71 ; E. Cosquiu. Contes, t. II, p. 197; J.-B. Andrew?. Contes ligures, p. 169 ; Léon Pineau. Contes du Poitou, p. 243 ; Julien Vinson. Le F olk-Lore basque, p. 102.

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