Henry Garnoy. Contes français, p
6. H. Carnoy. Contes français, p. 104; Léon Pineau. Contes, p. 105, U8 • J Fleury. Litt. orale de la Basse-Normandie, p. 139, 145, 147: Ane Gittée et A Lemoine. Contes wallons, p. 22; F.-M. Luzel. Contes, t. 1, p 131
objets merveilleux, en Haute-Bretagne, des coques de noix deviennent des navires'.
Plusieurs contes parlent d'un arbre qui produit des fruits précieux que des inconnus viennent dérober chaque nuit. En Wallonie, en Poitou ce sont des pommes d'or ; en Basse-Bretagne des poires d'or ; en Alsace de simples pommes, en Auvergne de belles poires2. Des récits du sud-ouest parlent de transformations métalliques : Saint Pierre ayant quitté Jésus-Christ, celui-ci monta sur une aubépine chargée de ses fruits mûrs ; il secoua les branches et fit tomber les baies; chacune d'elles, avant d'arriver à terre, devenait une belle pièce d'argent3.
Certains arbres ont bu toute l'eau d'un pays, ou l'empêchent de couler; sur le conseil d'aventuriers qui découvrent par hasard le remède à cet état de choses, l'arbre est arraché ; on le frappe avec une hache, ou, comme dans un conte basque, on coupe le noyer qui a poussé dans le cimetière 4.
Ainsi qu'on l'a vu, p. 332, des âmes sous forme de papillons font pénitence sur des arbres et sur des ajoncs. En Basse-Bretagne on recommande, pour ne pas les déranger, de tousser ou de faire quelque bruit avant de franchir un talus planté de ces arbustes, et de se garder d'étêter par jeu les pousses qui dépassent les autres. Parfois le mort est visible, comme celui qu'un passant aperçut juché sur une ramille d'orme, qui bien que forte à peine pour soutenir un roitelet, ne pliait pas sous lui; il devait y rester jusqu'à ce que la pousse fût devenue assez robuste pour servir de manche à un instrument de travail ; une femme sans tète était condamnée à rester dans le creux d'un arbre jusqu'à ce qu'une âme charitable l'eût délivrée d'un secret. La pénitence des âmes consiste parfois à couper de l'ajonc, pendant une période déterminée, pour alimenter le feu du purgatoire s. En Picardie, un revenant appelé le Botteu faisait entendre toutes les nuits un bruit semblable à celui que l'on fait en élaguant les arbres ; c'était un paysan, condamné à revenir couper des branches qui toujours repoussaient, parce que de son vivant, il lui était arrivé souvent de couper le
1. J.-B. Andrews. Contes ligures, p. 6, 128; F. Ortoli. Contes de Vile de Corse, p. 13. 76-79 ; Ch. Deulin. Contes du roi Cambrinus, p. 197 ; J. Fleury, 1. c, p. 140- 143 ; Paul Sébillot. Contes, t. 111, p. 125.
2. Léon Pineau. Contes du Poitou, p. 1 ; A. Gittée et Lemoine. Contes wallons, p. 131 ; Du Laurens de la Barre. Fantômes bretons, p. ; L. Lambert. Contes du Languedoc, p. 62; H. Carnoy. Contes français, p. 90; Paul Sébillot. Litl. orale de l'Auvergne, p. 20-21.
3. J.-F. Cerquand. Lég. du pays basque, t. IV, p. 1 ; J.-F. Bladé. Contes, t. II, p. 159.
4. E. Cosquin. Contes de Lorraine, t. I, p. 85 ; A. Meyrac. Trad. des Ardennes, p. 500 : Léon Pineau. Contes du Poitou, p. 62 ; Paul Sébillot. Contes des Landes et des Grèves, p. 185 ; J.-F. Cerquand. Légendes du pays basque, t. IV, p. 50.
5. A. Le Braz. La Légende de la Mort, t. II, p. 69-70, t. I, p. 195-198, t. II, p. 87.