‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 402 sur 491 · Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p · texte numérisé non relu

Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p

3. F.-M. Luzel. Légendes chrétiennes, t. I, p. 234, 245; Contes, t. 1, p. 102-104.

4. Rabelais. Gargantua, I. I, c. 36 ; cf. aussi Maury. Crog. du Mogen âge, p. 384 ; Fouquet. Légendes du Morbihan, p. 83.

5. OUivier Beauregard, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p. 504 ; Le Livre du Chevalier de la Tour Landry, p. 173.

même lorsqu'on apporta par la Loire à Fleury, les reliques de saint Benoît1.

Cette merveille sert aussi à attester la vérité d'un fait ou à révéler une échéance : un pèlerin vint jadis trouver un laboureur et lui dit que le siège d'évèque de Liège était vacant, et que c'était lui qui devait l'occuper. Le bonhomme répondit qu'il ne le croirait que si son bâton reverdissait et portait des fruits. En prononçant ces mots il le planta en terre, il prit racine et porta des fleurs et des fruits qui sont appelés Pommes de Saint-Jean. Dans un conte breton, un brigand et un ermite plantent chacun leur bâton, et leurs péchés leur sont remis quand ils ont fleuri 2.

En Normandie un arbre d'une forme assez remarquable devait son origine au bâton d'un simple matelot. Sur la côte de Fatouville près du Havre, on aperçoit un énorme pommier qui se distingue de tous les autres par sa forme ; une de ses branches principales semble s'étendre comme un long bras pour indiquer un point éloigné, et sa coupelle à l'aspect d'un chapeau de matelot. On raconte qu'autrefois la Seine vint tout à coup à modifier son courant; un vieux pilote de Fatouville s'était mis promptement à la connaissance du nouveau régime des eaux ; mais, comme il était vieux, c'était de la côte qu'il indiquait, en joignant le geste à la parole, la route à suivre. Quand il vit qu'il mourrait bientôt, il pria Dieu [de lui envoyer un successeur digne de continuer sa tâche. A peine son vœu avait-il été exprima, que le bâton desséché sur lequel il s'appuyait d'ordinaire vint à prendre racine, grandit subitement, et se couvrit de fruits et de feuilles en affectant la forme du digne marin 3.

Un églantier pousse tout près d'une statue de la Vierge entre les pierres du portail de l'ancien couvent des Catherinettes à Dinan. Il existe deux légendes sur l'origine de cet arbuste, très vigoureux en dépit de la mince couche de terre végétale qui le nourrit: ce rosier aurait été planté par un frère de Sl-Jean de Dieu, il y a très longtemps, bien avant la Révolution. Suivant une autre version, une jeune fille et un garçon de Saint-Malo s'étaient promis de s'épouser ; mais les parents refusèrent leur consentement, parce que le jeune homme n'avait pas une fortune en rapport avec la leur; pour empêcher toute relation entre eux, le père mit sa tille chez les Catherinettes. L'amoureux, au désespoir de cette séparation, se rendit aussi à Dinan, espérant la revoir, mais il n'y put parvenir, et pour faire ses adieux à celle qu'il aimait, il déposa un bouquet de roses sur le portail ; une branche

1. L'Âriége. Foix, 1873, in-18, p. 91-92; G. Jourdanne. Contribution au F.-L. de l'Aude, p. 207 ; Alfred Maury. Légendes du moyen âge, p. 166.

2. A. Hock. Croyances, p." 97-8' ; F.-M.|,Luzet. Léy. chrétiennes, t. J, p. 208.

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