Richard, I. c. p. 73 ; L.-F. Sauvé. I. c. p
3. A. Ceresole. Légendes des Alpes vaudoises, p. 333 ; C. de Mensignac. Sttp. de la Gironde, p. 126.
4. J. R. Thiers. Traité des Superst., t. I, p. 268 : Félix Chapiseau. Le F.I.. <le la Beauce, t. 1, p. 288 ; Eugène Le Roy. Le moulin du Frau. Paris, 1895, p. 158.
5. Charles Sadoul, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 441 ; Richard. Trad. de Lorraine, p. 242; J. Juge, 1. c.
458 LBS PLANTES
Les opérations qui précèdent ou accompagnent l'ensemencement sont parfois l'objet d'actes qui se rattachent à d'anciennes croyances: au XVII' siècle, il y en avait qui tournaient trois tours autour d'une charrue tenant dans leurs mains du pain, de l'avoine et de la lumière, avant de commencer à labourer una pièce de terre afin que leur travail fui pius heureux1. La superstition d'après laquelle il est bon dé jtfrerâti moment où l'on confie des semences à la terre, n'est peut-être qlt une survivance des conjurations religieuses usitées autrefois ; au XVI6 siècle elle s'appliquait à deux plantes : L'on dit chose admirable du basilic qu'il croit plus haut et plus beau s'il est semé avec malédictions et injures ; il en est de même de la rue et du cumin. A Guernesey pour qu'une platebande de petites herbes réussisse, il faut en les plantant jurer quelque peu. En d'autres pays l'ensemencement est accompagné de gestes et de paroles qui ont parfois une forme fixe : en Seine-et-Marne, celui qui sème du blé noir "prend une poignée de grain, puis porte le pied gauche le premier en disant : « Blé, je te sème, qu'il plaise à Dieu que tu viennes aussi saint et pur comme la sainte Vierge a enfanté Noire- Seigneur Jésus-Christ». En Hesbaye, le semeur, en entrant dans le champ, lance une forte poignée de grain en disant : Pô le mohon, ce qui doit garantir la moisson future du pillage des moineaux 2. Lorsqu'une vieille paysanne des environs de Liège sème ses pois, elle en jette une première pincée au-dessus de ses épaules, en disant : « Pô Thon Dieu ». Une seconde pincée suit le même chemin aux mots de : « Pô TSint' Vierge », puis une troisième : « Pô Sin Pire » (le patron du village), une quatrième : « Pô les mohon » (pour les moineaux). Enfin elle prend une dernière pincée qu'elle sème en disant : « Pô mi (pour moi) et à s't ellelàj'vos défin d tomber •• ". An moment de lancer la dernière poignée de graine, le paysan breton récite une prière composée de vingt vers, dans laquelle il invoque « sainte Geneviève, intrépide fileuse » en lui promettant, si le lin réussit, de faire l'aumône aux malheureux. Quand il arrive à l'engagement de la fin, il fait une croix avec un râteau sur le dernier sillon. En Seine-et-Marne, le laboureur prend de l'eau bénite, se rend à chaque bout de la pièce dont l'ensemencement est terminé, en fait trois fois le tour et récite cinq Pater et cinq Ave en 1 honneur des cinq plaies de N.-S. En Limousin, on croit être assuré que les raves surabonderont à la récolte si au Carnaval on fait neuf fois le tour de la pièce où elles sont4.