TALISMANS
que, disent-ils, la corolle de la fleur représente La couronne d'épines, et ils prétendent qu'elle préserve de tout mal '.
En Hainaut, l'épi double passe pour assurer la chance. Dans la Gironde une poignée d< loin prise en secret aune charrette qui passe, el dont on a fait brûler la moitié, en récitant trois Pater el trois Ave, esl un porte-bonheur. A Paris, il suffît qu'il ait été dérobé à une voitur? qui passe ; à Marseille des cosses contenant neuf pelil-* pois sonl regardées comme des porte-veine -.
On disait au XVI- siècle que le loup ne faisait aucun torl aux brebis si on avait lié un ail sauvage au cou de la première qui va devanl \
Les habitants de la Sologne avaient la coutume, le premier dimanche de Carême, de se poursuivre dans les champs ensemencés, munis de flambeaux allumés, et de se réunir ensuite en un banquet pour manger de la bouillie. Mais afin que ce festin porte bonheur, que le diable ne se mêle pas de la fête, il est indispensable que chaque convive y apporte un pied de nielle qu'il a cueilli dans sa course 4.
Certaines plantes constituent une sorte de talisman, à la condition d'avoir été mangées: Madame de Vervins disait que quand elle avait fait bien bouillir des choux ses ennemis n'avaient plus de pouvoir sur elle ;. Dans la Gironde, une omelette au fenouil, mangée le jour de Pâques, garantit pendant toute une année des entreprises des sorciers6. Celui qui porte certaines plantes acquiert le don d'invisibilité, el plus rarement celui de voir ce qui est caché aux autres. Au \\T siècle. des gens des environs de Rennes, ne pouvant trouver quelqu'un qui s'était échappé subtilement, « jugeoient qu'il s'estoit fait invisible pour avoir au matin mis du plantain sous la semelle gauche de ses souliers avec trois grains de sel : » dans les Vosges le trèfle à quatre feuilles procurait le même privilège. En Basse-Rretagne ceux qui possèdent ce trèfle, l'épi à sept tètes ou le grain qui a passé dans la meule sans être moulu ou au four sans être cuit, voient ce qui reste cache aux yeux de la plupart des hommes7.
Suivant une croyance très répandue, les esprits qui oui étourdimenl renversé un vase contenant un grand nombre de grains d'une nature quelconque, mais petits, sont obliges, avant de pouvoir recommencer Jeurs espiègleries, de les ramasser et de les compte]- ; d'ordinaire ils \
i. E. Rolland. Flore pop., t. III. p. 168 : Lucie de Y. -II. in liée, des Trûd. pop., t. XVII, p. 595.
1. A. Harou. Le F.-L. de Godarville, p. 20 : C. île Mensigoac. p. 126 : Regia de la Colombière. Cris de Marseille, p. 2H(.>.