‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 441 sur 491 · ïallemant des Réaux. Historiettes, l. VIII. p · texte numérisé non relu

ïallemant des Réaux. Historiettes, l. VIII. p

i«. C. de Meosignao. >'«/j. de la Gironde, p. 75.

7. Noël du Kail. Œuvres factieuses, t. II. p. 51 ; Albert Montémoot. Voyage à Dresde el dans les Vosges, p. 98 : A. Le Rraz. ta Légende de la Mort. t. I.

Vft$ LF-S PLANTES

i-enum-enl cl l'mi est débarrassé d'eux pour toujours. On emploie pour arriver à ce but les graines de plusieurs piaules : En Corse, la besogne iiiipoxM' au follet est accompagnée d'une sorte de conjuration : on mélange par terre un sac do blé et un, sac d'avoine d'orge ou de riz et l'on dit à l'esprit : « Tu vas me trier cela et mettre le blé dans le sac. » Dans le Morbiban, il suffit de mettre du mil dans un récipient que le lutin bouscule en arrivant à l'étourdie ; comme il ne peut y replacer tous les grains avant le chant du coq, il ne revient plus. Les babitants de la Montagne noire posent aussi du petit millet sur une planche de l'étabje ; le drac la fait tomber, et après avoir essayé vainement de le ramasser, il s'en éloigne pour longtemps '. C'est aussi une besogne que le diable lui-même n'est pas toujours capable d'accomplir ; pour se délivrer de celui auquel il s'est engagé à toujours donner de l'ouvrage, un laboureur du Morbihan en répand une grande pochée dans l'aire et lui ordonne de le lui passer au grenier avec une fourche. En Haute- Bretagne on dispose sur le passage du fouleurun godet de petits pois -. Ces petites graines constituent aussi des talismans efficaces : En Auvergne celui qni a sur soi de la semence de chenevis est à l'abri du mauvais œil et des influences des sorciers, parce qu'il est impossible de distinguer les grains mâles des grains femelles. Dans le pays basque la graine de lin dans la chaussure ou dans la poche préserve des sorts. Dans la Gironde on évite l'approche des sorciers en portant du mil cousu dans l'ourlet du pantalop ou dans celui du jupon; dans les Landes, pour empêcher les nouveaux-nés d'être ensorcelés, on les en saupoudre avant de les emmailloter ;;.

Le nouement d'aiguillette, autrefois si redouté, était efficacement combattu par quelques plantes: Au XVIIe siècle le rossolis, cueilli le

23 septembre, au soleil levant, l'armoise ramassée à la même heure le

24 juin, portée autour du cou avec du gui de chêne, la dénouait ; on se préservait aussi de cet inconvénient en mangeant de la joubarbe1. A l'époque actuelle, on emploie surtout les graines, et en première ligne, à cause de leur petitesse, celles du millet ; dans la Gironde, si deux époux veulent éviter d'être liés le jour de leur mariage par le curé, la mariée doit mettre du mil dans ses souliers ; en Périgord, elle ne manquait pas d'en remplir sa poche droite, pour,

1. Julie Filippi, in fiée, des Trad. pop., t. IX, p. 460; Dr Fouquet. Légendes du Morbihan, p. 52-53 ; A. de Chesnel. Usages de la Montagne noire, p. 356.

2. Dr Fouquet. Légendes du Morbihan, p. 132 ; Paul Sébillot. LUI. orale, p. 184. :}. b>- Pommerol, in Rev. des Trad, pop., t. XII, p. 552 : B. Fygun, ibid,

t. V. p. 174 ; G. de Mensignac. Sup. de la Gironde, p. 72.

4. D'Emery. Nouveau recueil de curiositez, t. I, p. 73 ; J.-B. Thiers. Traité des sup., t. 1, p. 152.

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