‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 452 sur 491 · FRICTIONS KT CONJURATIONS · texte numérisé non relu

FRICTIONS KT CONJURATIONS

la recette était compliquée : il fallait choisir treize pois de l'année, en envelopper six dans un linge noir, six dans un linge blanc, et les porter treize jours sur sa poitrine en guise d'amulette, attendre un vendredi, et, à minuit, sans témoin, se rendre au bord d'un puits, dire sept Pater, et, à la fin de chacun d'eux, jeter un pois dans le puits, de là se transporter près d'une taupinière, réciter six Ave maria, et, après chaque Ave, faire un trou avec le petit doigt de la main gauche dans la taupinière et y enterrer un pois. Dans les Vosges, c'est dans le feu qu'on jette autant de pois que l'on a de verrues, en ayant soin de se sauver à toutes jambes pour ne pas les entendre pétiller '.

En dehors des verrues on a relevé peu d'exemples de la guérison à distance obtenue au moyen de plantes. Dans la Brie champenoise, on mettait dans un baquet d'eau un certain nombre de grains d'avoine rôtie et les points de côté s'y précipitaient à l'instant ; dans la Meuse, on place sur un verre d'eau autant de grains que l'on ressent de douleurs, et l'on fait le signe de la croix chaque fois qu'il en descendra un au fond du verre ; autant de grains immergés autant de points disparus !.

La ressemblance assez lointaine du grain d'avoine avec la verrue avait peut-être suggéré la pratique lorraine de les piquer avec un de ses grains. La friction d'une plante sur le mal est aussi efficace pour faire disparaître ces excroissances : Au XVIe siècle, on conseillait de frotter le porion du lait d'une fueille de pissenlit, il en sèche plus tost ::.

En Basse-Bretagne, on arrache sur un chemin des morts, c'est-à-dire sur un sentier de traverse sur lequel un convoi funèbre a passé, sans être vu de personne, un pied d'euphorbe réveil-matin [hhtphorbia kelioscopa) que l'on vient de découvrir par hasard, on presse la plante et on laisse tomber sur chaque verrue une goutte de son suc laiteux \

On a relevé plusieurs fois en Basse-Bretagne, l'emploi de la friction, accompagnée de formulettes et de diverses circonstances superstitieuses : pour guérir une fièvre pernicieuse le conjurateur. né un vendredi de Mars, et un jour impair, frotte avec un bouquet d'absinthe toutes les parties du corps du malade, sans en excepter aucune, en récitant une conjuration ; l'opération terminée, il en récite une autre sur un ton menaçant en enjoignant an mal de s'en aller. Pour empêcher que la femme enceinte qui a eu une envie pendant sa grossesse ne la transmette à sa progéniture, le conjurateur qui doit être né au mois de mai,

i. Laisnel de la Salle. Croy. du Centre, t. I, p. 297-298 ; L.-F. Sauve, te F.-l des Hautes-Vosges, p. 245.

2. Ladoucette. Mélanges, p. 403 ; H. Labourasse. flViwu»,, etc. de la Meuse, p. |5i.

3. Hichard. T>ad. de Loiraine, p. 268 ; Les Ëvaiirjiles îles Quetnu/illrs, II. 17. gi8te<

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