L.-F. Sauvé, iu Mélustne, t. III, col
500 LlïS PLANTES
Frolte Les parties les plus ordinairement visibles de son corps avec une herbe appelée en breton anviez (Galium sanalile) el il récite une conjuration où il interpelle le mal redoulé '.
Le contact seul de la plante suftit parfois pour mettre fin à un étal gênant, ou même pour chasser le mal. Dans le pays de Dol, un pied de lamberge mercurialis annua) guérit l'estomac malade lorsqu'il est posé dessus, la racine en haut ; pendant l'opération une vieille se met en prière, et au bout de trois jours le mal a disparu. Au XVIe siècle existait une pratique qui n'a pas été relevée de nos jours : Le concombre mis de son long près d'un petit enfant qui ait la lièvre, de même grandeur que l'enfant, le délivre entièrement de sa maladie-.
Au XVIe siècle, pour arrêter tout « fius de sang il falloit mettre une palhe an crois sur le doz de celuy qui saigne, estant vestu et qu'il n'an sache rien, ou le faire saigner sur une palhe en crois. » Dans 1? Vivarais on saigne du nez sur des fétus de paille en croix3.
Dans le Loir-et-Cher on applique sur la tête du malade atteint du muguet entre le bonnet de baptême et le crérnieux, deux feuilles de l'herbe au chancre, que l'on dispose en. croix, et deux autres, en croix également, entre deux linges sur la poitrine, et quelques-uns y ajoutent une prière4. On se sert en plusieurs contrées contre la jaunisse du suc de la chélidoine ou grande éclaire, qui est d'un beau jaune, en raison de son analogie de couleur, et plusieurs de ses noms vulgaires ou patois font allusion à son pouvoir. Au XVIe siècle une de ces feuilles portée dans ses souliers contre la plante nue des pieds guérissait cette affection '°.
Les deux pratiques suivantes sont peut-être fondées sur une analogie Je forme, assez lointaine du reste, entre la racine et l'organe malade. On disait au XVIe siècle : La racine de l'asperge appliquée sur la dent apaise la douleur, sèche et fichée aux dents, elle les déracine. En Saintonge cette racine desséchée à l'ombre, faisait tomber sans qu'on s'en aperçoive, la dent gâtée ; dans le Morvan Nivernais, on y applique une racine de fraisier6.
Les paysans du Tarn-et-Garonne recueillent dans le c<eur des chardons un ver spécial à cette plante qui, écrasé sur les gencives, est efficace contre le mal de deuls. En Haute-Bretagne, la graine de
l. L.-F. Sauvé, in liée. Celt.,t. VI, p. 08, eu, 71, 73.
•2. F. Duvne.J. in Rev. des Trad . pop. I. VIII. p. 375; Maison rustique, 1397, 1. Il, en. 37.
3. Laurent Joubert. Seconde partie des erreurs, 1580, p. 215 ; H. Vascholde. Oroy. du Vivarais, p. 20.