‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 459 sur 491 · I. 0. Colson, m Wallonia, t. IV, p · texte numérisé non relu

I. 0. Colson, m Wallonia, t. IV, p

CONSULTATIONS PAR LF SOUFFLE 'M)îj

au souffle1. En Wallonie, on pose diverses questions en rapport avec l'amour et la destinée en souillant, à chaque parole, sur un capitule d^ pissenlit: le mot sur lequel il se trouve complètement dégarni de ses graines donne l'explication attendue. La jeune fille qui veut savoir combien elle a de galants souflle par trois fois vigoureusement : leur nombre est celui des aigrettes qui restent -. En Provence, la jeune fille souffle sur une tige garnie de ces petites graines ailées que l'on appelle Anges ; autant il en reste, autant d'années la séparent du mariage : si toutes volent, elle se mariera bientôt : si toutes résistent, le mariage est bien loin ; la même épreuve se fait en Haute- Bretagne avec le pissenlit et dans le Bocage normand : si l'aigrette s'envole tout entière le mariage est prochain, s'il en reste, on devra attendre autant d'années qu'il faudra s'y reprendre de lois pour faire disparaître les grains 3.

En Haute-Bretagne et dans la Beauce, pour savoir combien l'on a d'années à vivre, on souille sur le pissenlit en graine : le nombre d'aigrettes en indique le chiffre ; il dit aussi aux jeunes femmes des Côtes-du-Xord combien elles auront d'enfants \ Les enfants wallons ont donné le nom d'horloge à la tête du pissenlit, parce qu'elle leur sert à déterminer l'heure; ils soufflent dessus jusqu'à ce que toutes ses graines aient disparu ; le chiffre est marqué par le nombre de fois que l'on aura eu à souffler pour les éliminer toutes. En Hante- Bretagne, on souffle trois fois ; le chiffre de celles qui restent donne la réponse ; s'il y en a de cassées, ce sont des demi-heures un des quarts d'heures ; la même consultation est pratiquée en Beauce. En Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-du-Nord, elle est employée par ceux qui ne se rappellent plus s'ils ont dit leurs prières le matin ; si on enlève toutes les graines, c'est qu'on est en règle. Aux environs de Dinan, les enfants qui, en route, réussissent à les faire envoler, croient que leur mère les attend avec impatience et leur ménage une surprise5. Une consultation analogue est usitée en Savoie, où la fleur de pissenlit s'appelle lnà(lunei : Lorsque les enfants s'amusanl à lu campagne craignent que leurs parents n'aient besoin d'eux pour quelque petit service, ils soufflent très fort sur cette lune ; si tous les pétales

1. De Métivier. De l'Agriculture des Landes, p. 452; Paul Sébillot. Trad., t. Il, p. 342; Félix Chapiseau. Le F.-L. de la Beauce, t. I, p. 288.

2. 0. Colsou. in Wallonia, t. IV, p. 55 ; Jules Lemoiue. in La Tradition, 1890, p. 281.

3. Régis de la Coloinbière. Crin de Marseille, p. 261 ; Lucie de \.-ll., in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p. 595; J. Lecœur. Esquisses du Bocage, t. I. p. 294.

4. Paul Sébillot. Traditions, t. Il, p. 342: Félix Chapiseau. Le. F.-L. de h Beauce', t. I, p. 288; Lucie de Y. -H., in liev. des Trad. pop.. I. XVII. \k 595.

5. A. Harou. Le F.-L. de Godarville, p. 2:i ; Paul Sébillot, I. c, t. Il, p. 342; Félix Chapiseau, l. c, t. I, p. 288; Paul Sébillot. 1. c, 342 ; F. Dayne», m lier. des Trad. pop., t. VIII, p. 590; Lucie de Y. II., ibiti.. t. XYII, p. 595.

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-envolent, leurs pareil ts les réclament el il faut partir au plus tôt : sidon, il quand bien mémo il ne resterai! qu'un soûl pétale, ils continueront leurs jeux sans inquiétude. Etl Wallonie, pour savoir dans quelle direction se trouve quelqu'un OH effeuille dos marguerites et oh eu souffle los pétales '.

On tire aussi dos présagea de circonstances accessoire^ que |jfôsentent les plante- i Dans le Vienne, pour -avoir comble ii l'on aura d'enfants, on prend au hasard une fouille de niille-pertuis : aulanl de trous, autant d'en fa ni s -'.

Plusieurs pratiques sont fondées sur la façon dont poussent les piaules : en voici une du X VIIe siècle : Pour connoislro entre trois ou quatre personnes colle qui nous aime le plus, il faut prendre trois ou quatre testes de chardons, en couper les pointes, donner à chaque chardon le nom de chacune de ces personnes, et les mettre ensuite sur le chevet de son lit ; celuy des chardons qui marquera la personne qdi aura le plus d'amitié poussera un nouveau jet et de nouvelles pointes. Kn Lorraine, le commencement de cette épreuve étail le même au milieu du siècle dernier ; le lendemain, celle des lotos qui avait poussé pendant la nuit le plus beau fleuron, indiquait celle des trois personnes qui, par la constance de son affection, avail le plus de droits à un tendre retour. En Poitou on coupe les fleurons un peu au-dessous du limbe de la corolle el on porte lé bouton dans sa poche; si au bout d'un ou doux jours les Heurs oui poussé, un es) aimé do la personne que l'on a eu l'intention de désigner; cette expérience peut être faite pour un tiers. Bn Anjou, les jeunes filles mettent dans leur poche un capitule de centaurée des prés, donl elles oui coUpé les fleurs roses à la hauteur des écailles de l'involucre : si dans le délai de trois jours de nouveaux llourons apparii" ni. elles seront mariées dans l'année. Dans la Vienne, elles choisissent dans les champs un certain nombre de (bardons, attribuent ,i chacun le nom d'un de leurs amoureux ou des jeunes gens qu'elles connaissent, puis leur coupent la barbe : la première barbe qui repousse donne le nom de leur futur mari \ Kn Wallonie, on coupe à chaque lige de cedtaurée jacée les fouilles épanouies en ne laissant que les boulons, puis on assigne un nom à chacune d'elles ; celle dont les bouton- lleiirissont indique l'amoureux qu'il faut prendre4. Vers le milieu du siècle dernier les jeunes liégeoises se réunissaient le premier

1. Constantin. Dictionnaire savoyard, p. L'.'it : K. MonseUr. Le Folklore wallon, p. 21.

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