‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 473 sur 491 · Noël du Fail. Œuvres, t. I, p · texte numérisé non relu

Noël du Fail. Œuvres, t. I, p

6. E. Auricoste de Lazarque, in Rev. des Trad. pop. t. IX, p. 236.

les formenl rhabillement et les bras au moyen des lils qui les attachent ; la petite lête fait le visage ; le haut de cette tête forme une calotte ; les élamines font une jolie fraise ou collerette autour du visage. Une grawiiv représente ce joujou, que connaissent encore les enfants d'Ille-et- Vilaine : ils retournent les pétales du coquelicot pour en faire un jouet qu'ils appellent un enfant de chœur; en d'autres pays il a des noms tels que madone, moine, Guillaume1. La tête du coquelicot fait, de même que «elle du pavot, un hochet pour les enfants ; on retrouve ce joujou en plusieurs pays, de même que le suivant: Les petits garçons coupent le parasol de la carotte sauvage qui prend la ligure d'un nid d'oiseau. et le placent mu- les arbres afin d'attraper ceux qui cherchent des nids1'.

Dans l'Aube, les enfants introduisent les feuilles du saigne-nez ichillea millefolium qu'il appellent herbe à entrôler. c'est-à-dire à ensorceler, dans le nez et les oreilles de l'un d'eux, lequel semble alors soumis à une impression extraordinaire ; après être resté pendant quelque temps dans un état réel ou supposé de somnolence, au milieu du bruit ou des cris que font ses camarades, il s'élance tout à coup sur eux en essayant de les saisir'1.

bans le Maine les garçons cueillent les capitules de Bidens et des Lappa, pour les mettre dans la chevelure des filles, et les filles s'eftorcent de les placer dans la barbe des garçons. Ln Picardie, dans l'Aube, les enfants s'amusent à lancer des fruits] de bardane sur les habits et de préférence sur la tète des femmes1. Cette mauvaise plaisanterie est aussi usitée en Haute-Bretagne, et vraisemblablement bien ailleurs. En Chalosse, les jeunes gens, pour prouver leur affection à leurs amoureuses, leur introduisent brusquement dans le dos un épis de maïs. Dans l'Aube, I»'- épis barbus de l'orge des murs ou queue de rat insérés dans le bras, entre linge et peau, sous le nom de voyageurs, se faufilent jusqu'aux endroits les plus secrets du corps, et y manifestent leur présence par un chatouillement5. Un parallèle de ce jeu était usité au commencement du siècle dernier: On jette un épi desséché dans la manche de quelqu'un, et il grimpe tout seul jusqu'à l'épaule fi.

L'action de souffler sur les graines légères, qui sert à des consullations amoureuses, constitue aussi uu jeu : Les enfants prennent une boule de pissenlit, puis l'un deux souille dessus, puis toujours les uns

1. Lea Jeux champêtres des enfants, p. 117; Paul Sébillot, in Reo. des Trad. pop. t. VIII, p. 511 ; Rolland. Flore pop. , t. I. p. 118.

Page 1