‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 475 sur 491 · Tuet. Matinées Senouoises, p · texte numérisé non relu

Tuet. Matinées Senouoises, p

Et suis parmi ces gens comme un homme sansverl Régnier. Satire \ Leroux, Dictionnaire comique.

A. Ladoucette. Mélanges, p. il' .

,L,nm etiott des origines. La plupart figurent du reste dans

des contes qui, pour les paysans eux-mêmes, appartiennent au domaine de La fantaisie, el l'on n'eu rencontre qu'un petit nombre dans les légendes, auxquelles ils accordes! plus de créance. On raconte dans

i IS \ i , | • ■ i s belges qu'un garde-champêtre axant aperçu une femme

qui ràmàssail de l'herbe dans le champ dautrui, se dirigea vers elle pour la surprendre : à la place où il l'avait vue se dressait un chardon énorme : il en coupa une feuille, el aussitôt, au lieu de la plante, il vit une vieille femme, réputée sorcière, qui portait à l'oreille la trace de La blessure qu'il lui avait laite en coupant la feuille. Vers le milieu du XVIII* siècle, une sorcière de Boulay en Lorraine se changea, pour éviter d'être prise, en un paquet de ramures de fèves '.

Ces deux traits se rattachent à la sorcellerie, et la transformation est essentiellement temporaire ; celles qui figurent dans les contes ont [dus de durée. C'est ainsi qu'une fée, d'un coup de baguette, métamorphose en touffes d'herbes un jeune homme, son chevalet son chien-. Les contes Littéraires de la tin du XVIIe siècle présentent (]iieli|iies épisodes analogues. Dans l'histoire de Fortunée, un chou qui parle est un garde auquel une fée qui voulait secourir une princes>e a donné celte forme ; un œillet, le fils d'une fée, redevient homme quand M a été arrosé avec une certaine eau. Madame de Murât, née et élevée a Brest, avait pu trouver dans la tradition le germe du récit dont voici le résumé : Une princesse, voyant son amant changé en turbot par une fée. veut se précipiter dans les eaux pour le suivre, mais la fée, Ma h- un mouvement de jalousie, la transforme en une petite herbe qui ne quitte point le boni de la mer, et que l'on nomme Crispe criste) marine3.

Quelques courts récits, tous recueillis en Basse - Bretagne, parlent de plantes qui sont en quelque sorte des incarnations des trépassés : dans le Morbihan breton et dans le Finistère le corps des enfants morts sans baptême se transforme en gazon verdoyant ; le parfum qu'il répand, c'est l'odeur du baptême qui les attend au jour du Jugement dernier. L'âme apparaît quelquefois sous l'aspect d'une grande fleur blanche : elle est plus belle à mesure que l'on s'approche d'elle et s'éloigne quand on veut la saisir '• .

Le- plante- qui parlent sont beaucoup plus rares que les arbres doués 'le celte faculté, et le plus ordinairement elles chantent. L'héroïne d'un conte gascon pari a la recherche de l'herbe bleue, qui chante

1. Alfred Harou, in Le Vieua Liège, 21 février r.io.'i : E. Auricoste de Lazarque, in Rev. des Trad. /,<>/,.. t. XIX, p. 259.

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