‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 479 sur 491 · Marie de France. Poésies, éd. Roquefort, t. I, p. il · texte numérisé non relu

Marie de France. Poésies, éd. Roquefort, t. I, p. il

6. W. Webster. Basque tegends, p. 117; F. -M. Luzel. Légendes chrétiennes, t. Ii, p. 314-315; J.-K. Bladé Contes de Gascogne, t. I. p. 238-239.

I es |>lantes douées de vertus médicinales merveilleuses sont beaucoup plus communes. Dans un conte de la Beauce, une herbe qui se trouve sur une montagne guérit instantanément de la lèpre • plusieurs contes wallons qui se rattachent au tbème de l'os qui chante, parlent de la tleur de Sainte-Hélène, de la fleur jufernelle, qui sont guérissantes. La mousse qui croît sur un chêne rend la vue aux aveugles qui s'en frottent les yeux; une herbe cueillie sur une tour magique et prise en tisane a le même pouvoir ; en Corse une herbe qui [><.u>^e au bord d'une rivière est guérissante ; une plante indiquée par un ange rend la santé à un roi à moitié mort ] .

De rares légendes parlentdel'origine de la vertu des herbes : Dans le lai des deux amants, lorsque la demoiselle qui possédait la liqueur destinée ;i redonner des forces à celui qui la boit s'aperçoit que le jeune homme qu'elle aime a rendu le dernier soupir, elle jette loin d'elle la bouteille qui contenait le remède ; depuis, les herbes qui eti ont été arrosées ont en la puissance de guérir. On raconte dans le Maine qu'au temps ou saint Michel se battait avec le diable, il employait l'herbe saint Michel (knàntia arvensis pour se guérir de ses blessures. Le diable donna un coup de couteau sous la racine, croyant faire périr l'herbe, mais il en repoussa des quantités tout autour-.

On a recueilli en France plusieurs versions d'une légende dans laquelle des céréales croissent et mûrissent en peu d'instants pour dérober des fugitifs' à leurs persécuteurs. Un Noël du Velay parle du blé qui poussa quand les soldats d'Hérode poursuivaient la Sainte Famille. En Poitou, sainte Macrine fuyant, sur une mule ferrée à rebours; Gargantua qui courait après elle s'arrêta, sa béte n'en pouvant plus, près d'un champ où des paysans semaient de l'avoine, et elle les pria de dire à tout venant qu'elle a passé là le jour qu'ils mettaient leur grain en terre ; le lendemain les laboureurs trouvèrent leur récolte mûre, et reconnaissant à ses œuvres l'envoyée du Seigneur, ils dirent à Gargantua, quand il survint, que l'avoine n'était pas née lors du passage de la sainte. Suivant une autre version, sainte Radegonde fuyant Clotaire rencontra un paysan qui semait de l'avoine, et le pria dé répondre a ceux qui demanderaient s'ils avaient vu la reine, que personne n'avait passé depuis que le champ avait été semé ; quand il eut promis d'obéir, l'avoine s'éleva à la hauteUr Qu'elle a au moment

1. Filk-ul-I'etigny, in liev. des Trad. pop., t. XI, p. 362; E. Monseur, in bulletin de Folklore, t. I, p. 45-47; Léon Pineau. Contes, p. 62; J.-F. Cerqilaod, Lég . du pays basque, t. III, p. 62-03. t. IV, p. 39 ; A. Meyrac. Trad. des Ardénnes, p. SOO ; !•'. Ortoli. Contes de Vile dé Corse, p. 72-13.

2. Marie de France. Poésies, t. I, p. 269 ; Georges Dottin. Les Parlers du Bas- Maine, p. 572.

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