‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 48 sur 491 · J.-B. Andrews, in Rev. des Trad pop., t. IX, p · texte numérisé non relu

J.-B. Andrews, in Rev. des Trad pop., t. IX, p

6. Com. de M. A. Dagnet ; Lucie de V. H., in Rev. des Trad. pop., t. XV, p. 474.

52 les Mammifères sauvages

$ fi. CONTES ET LÉGENDES

Ainsi qu'on l'a vu au commencement de ce chapitre, les légendes font remonter l'origine de plusieurs espèces à des personnages changés en animaux par punition divine, et chacun conserve une particularité qui rappelle son état primitif.

Les métamorphoses qui figurent dans les contes populaires ne s'appliquent qu'à des individus et non à des espèces ; elles sont, en général, produites par la puissance des fées ou des sorcières, et elles cessent, soit au hout d'une période déterminée, soit après l'accomplissement de conditions ordinairement connues de la victime. Un prince changé en lion par une fée doit garder cette forme pendant sept ans ; un mousse est métamorphosé en rat pour dix ans ; les sept frères devenus cerfs après avoir mangé une plante magique peuvent être délivrés, au bout de quatre ans, si leur sœur parvient à placer un mouchoir blanc sur leurs cornes1 ; une reine transformée en biche blanche par une sorcière qui a pris sa place dans le lit du roi, restera enchantée toute sa vie, si, dans les trois jours, personne ne la délivre2. Les blessures détruisent aussi les enchantements : un loup, qui a épousé une femme, lui ordonne, le lendemain du mariage, de lui couper la tête avec une hache ; lorsqu'elle l'a fait, au lieu d'une bête hideuse, elle voit un beau seigneur 3.

Les personnages de deux contes bretons reprennent, à l'occasion d'une cérémonie religieuse, leur figure naturelle ; la peau du loup gris qui se marie avec une paysanne se fend dès que commence la messe, et quand elle est terminée, les assistants voient à côté de l'épousée un prince magnifique. La souris blanche qui vit sous terre dans un château redevient femme en assistant au mariage d'un petit bossu qui lui était venu en aide*. Un conte littéraire intitulé Peau d'Ours, inséré dans un petit roman, parle d'une princesse qui pour échapper au prince Rhinocéros, roi des Ogres, dans le château duquel elle a été conduite, endosse une des nombreuses peaux d'ours qui s'y trouvaient suspendues dans un cabinet ; la peau se met à la taille de la princesse qui, parla permission de la fée sa marraine, devient la plus jolie ourse du monde. Elle a diverses aventures et inspire à un prince qui la prend à la chasse un amour et une affection qu'elle partage, mais elle ne peut parler. Alors sa marraine lui accorde de quitter toutes les nuits sa peau d'ourse, et de la reprendre le matin. Une nuit que le

1. Paul Sébillot. Contes des Landes et des Grèves, p. 118, 160-161 ; Contes de la Haule-trelayne, t. II, p. loi.

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