‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 83 sur 491 · ERREURS ET PRÉJUGÉS · texte numérisé non relu

ERREURS ET PRÉJUGÉS

On n'a pas relevé jusqu'ici beaucoup de superstitions sur les particularités physiques des animaux domestiques. Comme le cheval mâche longtemps avant d'absorber sa nourriture, on dit en Haute-Bretagne qu'il a le gosier plus étroit qu'une poule, et qu'il lui est impossible d'avaler un grain d'avoine sans l'avoir broyé. On croit en plusieurs pays que l'anatomie du cochon présente un rapport considérable avec celle de l'homme. En Ille-et-Vilaine, la main de la Vierge est marquée sur les côtés d'une vache écorchée ; c'est le grand pectoral, qui dessine la forme grossière d'une main ; mais on ne dit pas en quelle circonstance cette empreinte s'est produite3.

Suivant une croyance assez répandue, basée, comme beaucoup

d'autres, sur le besoin d'explication, les animaux dont la force est

supérieure à celle de l'homme lui obéissent parce que leur œil le lui

fait voir beaucoup plus gros qu'il ne l'est en réalité. En ce qui concerne

le bœuf, on l'a relevée en Beauce, en Poitou, dans le Morbihan, la

Loire-Inférieure, dans le Maine-et-Loire, et l'on trouve en plusieurs

pays des variantes de ce dicton de Haute-Bretagne :

Si bœuf savait, Si sourd entendait, Si taupe voyait Homme sur terre ne vivrait *.

Les paysans de Beauce et ceux du Loiret disent qu'aux yeux du

cheval l'homme parait un géant, et que ce quadrupède voit tous les

objets avec un fort grossissement5.

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