Les Evangiles des Quenouilles, App. B, III
3. B. Souche. Croyances, p. H ; A. Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 371.
4. E. Rolland, t. IV, p. 113; Armena prouvenrau, 1890; Ambroise Parc. Œuvres, liv. XXII ; H. Le Carguet, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 198.
5. E. Rolland, p. t>7 : Léopold Dardy. Anth. de l'Albrcl, t. I, p. 235.
6. E. Rolland. Faune pop., t. IV, p. 227, 271 ; Le Moyen de parvenir, p. 239-240.
pisser sur son ennemi ou sur ses biens, mais il lui arrive aussi de venir le tuer'.
Dans le Finistère on prétend que si l'on veut tenir une chose secrète, il faut se garder d'en parler devant un chat ; lors même qu'il semble endormi, il ne perd pas un mot de la conversation. En Haute-Bretagne, plusieurs chats ayant écouté ce que disent leurs maîtres se mettent à parler ; en Wallonie, si un chat passe pendant que deux personnes causent d'une troisième, celle-ci sera prévenue de ce qu'on aura dit d'elle ».
Malgré les accusations diverses portées contre les chats, il faut se garder de leur faire du mal, sous peine d'éprouver des disgrâces. Au XVe siècle, comme de nos jours, on croyait que la façon dont ils étaient traités influait sur la réussite des affaires du cœur : Nulles jeunes gens ne doibvent hayr les chatz ; car ilz produisent grant eur et avanchement en amour et parvenir en belle dame et gracieuse 3.
Suivant une superstition générale, la fille qui marche sur la queue d'un chat ne trouvera pas d'épouseur de toute l'année, ou son mariage est retardé d'un an, et même, dit-on à Quimper, de sept. Dans le Loir-et-Cher autant l'animal poussera de miaulements, autant d'années elle devra attendre un épouseur*. On dit en plusieurs pays que, pour avoir un joli mari ou une jolie femme, il faut bien soigner les chats. En Wallonie, de même qu'en Haute-Bretagne, celui qui aime bien les chats aime les temmes et réciproquement. Dans le Gâtinais on dit d'un homme marié : Comme il aime son chat, il aime sa femme. Un proverbe du Finistère : Qui du chat est ami épousera sûrement une femme de mœurs dissolues, semble en contradiction avec les idées ordinaires '.
L'attouchement de quelques animaux est tantôt funeste, tantôt favorable. Dans la Flandre française on croit s'assurer la chance en passant la main sur un mouton 6. Dans les Ardennes toucher aux rênes d'un cheval en l'absence de son propriétaire porte malheur7. En divers pays, et notamment en Bretagne, on prétend qu'il est bien plus dangereux de tomber d'un âne que d'un cheval ; au XVe siècle, on en donnait cette explication : Onques homme sage ne monta sur asne, pour l'onneur de N'ostre Seigneur, qui dessus monta, mais tresbien