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LES FEUX SUR LE RIVAGE

la Méditerranée choisissaient une des plus vieilles barques hors d'usage, et après l'avoir goudronnée et enduite de pétrole, ils la brûlaient le soir sur les galets de la plage'. A Menton, les pêcheurs allument cette sorte de feu de joie à la Saint-Pierre, les marins à la Saint-Elme *. A Nice, lors de certaines réjouissances publiques, les pêcheurs traïnent dans les rues une vieille barque appelée laüt, toute pavoisée et portée sur des roues ; pendant cette procession, le peuple pousse des cris d'allégresse et les femmes dansent des rondes. Après bien des courses et des stations, la barque est brûlée, non plus sur le rivage, mais au milieu d'une place *.

À Collioure on fait flamber sur le sable, le 16 août, un tonneau enduit de poix, en mémoire de saint Vincent, patron du port, brülé vif sur un ilot à peu de distance du rivage. Une barque, à bord de laquelle estun prêtre, va, la nuit, chercher ses reliques à l’île, et quand elle arrive au port, elle est tirée sur la plage, et des pêcheurs la trainent à toute vitesse vers l’église *.

Les feux de la Saint-Pierre sont toujours traditionnellement allumés sur le littoral picard, et les enfants vont quêter à domicile les vieux barils, les paillassons, les papiers, etc.°. A Berck-sur-Mer, le feu de ce même Jour est surmonté d'une perche au bout de laquelle on a attaché une manne de maquereau au milieu d'un bouquet; souvent le poisson est remplacé par un petit navire armé pour la pêche du hareng. Le brasier doit s'allumer du premier coup, sinon ce serait un grand malheur pour Berck. Le soir de la Saint-Jean et celui de la Saint- Pierre, les matelots ne vont pas à la mer ; ceux qui n’ont pu rentrer à temps pour assister à la fête, cessent de pêcher et ne jettent leurs filets qu'assez avant dans la nuit, après avoir chanté les Grandeurs, la Pénitence et le Martyre de saint Jean. Au coucher du soleil, le curé tenant à la main une torche de paille enflammée, allume le bücher et bénit l'assemblée. On chante ensuite le 7e Deum et la prose de Saint-Jean. Pour le feu Saint-Pierre, on psalmodie saint Pierre pleurant. Lorsque le feu est terminé, les assistants ramassent avec soin les petits morceaux qu il a respectés. Ils servent à détruire les rats dans les greniers, et, jetés sous les lits, ils font crever les punaises ÿ. À Pempoul, près de St-Pol-de-Léon, le bûcher de la St-Jean est construit exclusivement avec des paniers ayant servi au transport du poisson‘.

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