‹ Le folk-lore de FranceChapitre 122 sur 403 · L. de Cléry, in La Picardie, août · texte numérisé non relu

L. de Cléry, in La Picardie, août

1, À. Le Braz, in Annales de Bretagne, t. 1X, p. 594.

La coutume de lancer à l'eau des effigies ou leurs débris a été relevée au siècle dernier en deux endroits différents, mais elle existait peut-être ailleurs. À La Rochelle les portefaix et les marins après avoir promené un bonhomme de paille qui représentait Mardi Gras, le brülaient le mercredi des Cendres et jetaient ses cendres à la mer’. A Pontaven (Finistère), vers 1873, le mannequin de Carnaval était, ce même matin, lancé du haut du quai dans la mer.

Un rite qui rappelle celui qui a élé si longtemps en usage lors de la construction des édifices, s'accomplissail sur le littoral de la Manche avant l'époque où les Ponts-et-Chaussées ont élé chargés du balisage des rochers; quand on érigeait une balise, les vieux pêcheurs se tiraient un peu de sang et en arrosaient le trou où elle allait êbre plantée. C'était une offrande au rocher et à la mer, afin que le signal ne fût pas renversé par les flots ?.

On a constaté, en un grand nombre de pays barbares, l'usage de sacrifier des victimes humaines à la mer ou aux dieux auxquels on attribuait du pouvoir sur elle, et il est attesté par plusieurs exemples rapportés par les écrivains sacrés ou classiques ?. Il est vraisemblable qu'il a existé aussi sur nos côtes ; on a relevé dans le sud de la Bretagne des traditions d'offrandes aux divinités des eaux douces qui présentent beaucoup d’'analogie avec les légendes qui suivent, recueillies dans le Morbihan‘: Le pays de Vannes et une partie de celui de Pontivy étaient destinés à disparaître sous les flots ; mais, grâce à des sacrifices qui se reproduisent à des dates fixes, la mer ne sort pas de son lit. Tous les sept ans, une dame inconnue, richement habillée, parcourt le pays, en quête d'une famille pauvre et nombreuse dont les père et mère consentiraient, moyennant une grosse somme d'érgent, à lui vendre un de leurs enfants. Lorsqu'elle est parvenue à s'en procurer un, elle l'enferme dans une barrique avec un pain de trois livres el une chandelle de deux sous allumée, puis cette barrique est livrée au gré des flots. L’'Océan s'empare de sa proie, l’esquif est ballotté pendant sept ans, puis il reparaît ; si l'enfant n'a perdu encore que les deux bras, il redevient le jouet des flots pendant sept nouvelles années; après ce laps de temps, la barrique est vide, le sacrifice est consommé;

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