ORIGINE ET PARTICULARITÉS
Les oiseaux qui, ainsi qu'on l’a vu p.5, sont associés à la création de
Ja mer, interviennent aussi dans celle des rivières et des fontaines ;
mais en Ce qui concerne ces dernières, la légende, qui ne diffère que par les détails, a été plus souvent recueillie *. |
D'autres fontaines se sont montrées depuis dans des circonstances merveilleuses que l’on raconte dans leur voisinage. Un grand nombre ont commencé à couler à la suite d'actes accomplis par des enlités surnalurelles ou sacrées, el plusieurs même en sont des émanations directes. Le langage mélaphorique emploie couramment l'expression « fontaine de larmes », en parlant de l'abondance de celles que versent des personnes affligées : des légendes attribuent l'origine de quelques sources à des larmes réelles de fées, d'amoureuses ou de saints. Deux traditions de la Franche-Comté, fort suspectes d'embellissements, mais dont on peut retenir la donnée primordiale, racontent que des fées malheureuses ont donné naissance à des fontaines : l’une d’elles chassée de sa grotte, pleura si abondamment, qu'une source amère se forma au pied d'un coteau de la vallée de Cuzancin ; la fée Vénéla, qui avait renoncé à l'immortalité, eut tant de chagrin d'être abandonnée par un ingrat, que ses pleurs firent couler une fontaine au fond de la grotte qui porte son nom ?, Aux environs de Dinan, une fontaine qui guérit le mal de dents, appelé en ce pays mal d'amour, provient des larmes d’une jeune fille délaissée *. En Provence la source de la Sainte Baume a été produile par les pleurs de Madeleine repentante * : entre Chambon et
} Ahun, une source qui s'appelle les « Larmes de sainte Valérie » découle
1. Léo Desaïivre. Etudes de Mythologie locale en Poitou, 1880, p. 8; B. Souché. Proverbes, p. 12; E. Rolland. Faune populaire, t. Il, p.63 (Gironde). François Daleau, in Rev. des Trad. pop.,t. XVI, p. 420 (Gironde).