ENFANTS SACRIFIÉS À LA MER
mais la divinité de la mer exige une nouvelle proie, et la dame se remet en campagne. On assure que l'une des dernières victimes, cr l'usage subsiste, dit-on, toujours, a été achetée à Guern!.
D'après une autre version le sacrifice élait offert, non à l'Océan luimême, mais à l'œil de mer, situé dans l'intérieur des terres, mais qui communiquait avec l'Océan, et aurait pu submerger tout le pays. Chaque année un enfant nouveau-né, baptisé depuis peu, élail préposé à la garde des eaux, à l'orifice même de l'œil de mer: un cierge de cire béni entre les mains, une livre de pain à côté de lui, il était enfermé dans un tonneau qui s’en allait à la dérive, flottant à la surface du Blavet, et son innocence servait à apaiser la colère des génies malfaisants. La Saint-Silvestre arrivée, le pain était consommé, le cierge était éteint et le sacrifice devait être recommencé. IL advint qu'une fois, Dieu ayant eu pitié des mères, comme on ouvrail le tonneau, on aperçut an fond le pain qui n’était pas consommé, le cierge qui brüûlait encore et l'enfant qui souriait en tendant ses petits bras. Depuis, l'œil de mer est transformé en une claire fontaine ?.
Les habitants de l'ile de Noirmoutier avaient une croyance analogue à celle que l’on rencontre dans plusieurs pays de montagne : le jour de la Saint-Jean le soleil faisait trois pelits sauts avant de se lever, et les marins se signaient au moment où il émergeait au-dessus des eaux”.
Des actes, en très petit nombre il est vrai, qui se rattachent à la magie ou à la divination étaient en rapport avec la mer : dans la première moitié du XIX° siècle, ceux qui, sur la côte sud de Bretagne, récitaient la prière à saint Laurent pour les brûlures, devaient se tourner du côté de la mer, avant de souffler trois fois en croix sur le point douloureux ‘. Vers 1795, aux environs de Plougasnou, des sorciers interprétaient les mouvements de la mer, des flots mourants sur le rivage et prédisaient l'avenir. Cambry se borne à cette simple mention, et les voyageurs qui sont venus après lui sont muets sur cette consultation, qui est vraisemblablement tombée en désuétude.
. Le Norcy, in Rev. des Trad. pop., t. XVIIF, p. 20.
. F. Cadic, in La Paroisse bretonne de Paris, janvier 1940.
. Viaud-Grand-Marais. Quelques coulumes de Noirmoutier, p. 206. . L. Kerardven. Guionvac’h, p. 104.
. Cambry. Voyage dans le Finistère, p. 109.
ÉLVRE SECOND
ARTTREREPAIOE RENNES EEE