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FONTAINES DÉPLACÉES OU TARIES

Une légende franc-comtoise, dont le début fait songer à une des aventures de M. de Crac, explique l'origine d'une fontaine intermittente : Un jour que le sire de Joux sortait de son château sur sa jument favorite, la berse, tombant trop tôt, coupa sa monture en deux ; le seigneur ne s'en aperçut pas, et la cavale, sur deux pieds seulement, continua son galop à travers la campagne. Arrivée à une gorge sauvage où se trouve la fontaine de la Combe, elle se mit à boire, à boire indéfiniment. Le seigneur, après de vains efforts pour l'obliger à relever la tête, sauta à terre, et s'aperçut alors seulement qu’elle n'avait plus que deux pieds et que l’eau, à mesure qu’elle la buvait, ruisselait sur le sol; il revint au château et conta l'aventure à ses gens, mais quand ils arrivèrent à la fontaine, la jument avait disparu. Depuis, la fontaine coule loujours, mais avec intermittence. Elle relient et donne son eau de six minutes en six minutes. Les habitants de la contrée ont cru longtemps que c'était la jument invisible du sire de Joux qui venait là cent fois le jour étancher sa soif, et que l'onde ne renaissait que quand l'animal désaltéré cessait de boire.

À Mussy-la-Ville (Luxembourg belge) un ruisseau qui vient d'une petite fontaine est souvent à sec. Les paysans disent que pour punir ceux qui y puisent de l'eau, sans croire à sa vertu, la fée gardienne de la source la fait tarir“. Ailleurs des fées, irritées contre les habitants d’un pays, les privent d'eaux bienfaisantes pour les donner à leurs voi sins. La reine des Fades ayant eu à se plaindre des gens de Chambon Sainte-Croix (Creuse), farit les sources thermales qui jadis sortaient du rocher de la Fée, lou daro de la Fadée, et les fit jaillir à trois lieueplus loin, près de la ville d'Evaux, qui leur doit sa prospérité. La fée

1. Gaston Jourdanne. Contribution au Folk-Lore de l'Aude, p. 211; À. Dauzat, in Revue des Trad. pop., t. XIV, p. 38; E. de Roure, ibid., t. XVI, p. 94.

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