‹ Le folk-lore de FranceChapitre 148 sur 403 · Li Romans de Dolopathos. Bibl. elzévirienne, p · texte numérisé non relu

Li Romans de Dolopathos. Bibl. elzévirienne, p

lui inspirer de l'amour, elle le conduisit à une belle fontaine où la dame qui s’y baignail se montra à lui sans voiles :

Purquant si la suit-il de près (la biche)

Tant qu'en une lande l'en maine

Devers le sors d'une fontaine

Dunt l'iave esteit è clère è bele.

Dedens baigneist une Pucele.

Graelens a celi véue

Qui en la fontaine estoit nue‘.

Au XVI° siècle on disait en manière de proverbe : Nue comme une fée sortant de l’eau ?. La croyance à la réalité des divertissements aquatiques de ces espèces de divinités n'avait pas au reste disparu. La reine Catherine ayant eu la curiosité d'interroger les lavandières de Lusignan sur les apparitions de Mélusine, « les unes lui disoient qu'ils la voyoieunt quelquefois venir à la fontaine pour s'y baigner, en la forme d'une très belle femme et en habit de vefve ; les autres disoyent a la voyoient, mais tres rarement et ce les samedys à vespres (car e cest estat ne se laissoit guere veoir) se baigner moitié le corps d'une tres belle dame et l’autre moilié en serpent » ?.

Actuellement les traditions, et même les contes populaires, parleut assez rarement, et loujours au passé, de cette occupation des fées ou des personnages surnalurels. Les fées de la Savoie avaient réservé pour leur usage la source de la Caille : elles se plaisaient à s’y baigner, mais elles auraient fait sentir promptement leur courroux à celui qui se serait permisde les regarder quand elles prenaient leurs ébats*. Les incantades du pays de Luchon, les fées de Marnex (Alpes vaudoises) faisaient leurs ablutions au bord des sources®. La princesse enchantée d’un récit breton venait Lous les jours, à midi, se baigner dans une fontaine ; elle y restait une heure, et c'était le seul moment où elle püt être délivrée :il fallait pour cela qu’une jeune fille saisisse une poignée de ses cheveux et la tienne fermement enroulée autour de son bras, saus se laisser émouvoir par ses prières ou par ses menacesf; dans un conte lorrain trois jeunes filles se baignent dans une fontaine, et le héros, s'il veut que l'une d'elles vienne à son secours, doit lui enlever sa robe et lui donner un baiser’, En Haute-Bretagne, trois pigeons blancs se trans-

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