‹ Le folk-lore de FranceChapitre 150 sur 403 · FAR SE · texte numérisé non relu

FAR SE

1. Paul Sébillot, in Revue des Trad. pop., t. IX, p. 170. 2. Noel du Fail. Propos rustiques, V.

3. Paul Sébillot. Traditions et superstitions,t.lT, p.108 ; Contes de la Haute-Bretagne, t. II, p. 21; Contes des provinces de France, p. 154 (Nivernais) ; in Revue des Trad. : pop., t. IX, p. 41; A. Meyrac. Trad. des Ardennes, p. 481 ; J.-F. Bladé. Contes de ; la Gascogne, t. Il, p. 14; abbé L. Dardy. Anthologie de l'Albret, t. 11, p. 272. 4. A. de Nore. Coutumes, p. 80.

5. A. de Chesnel. Usages de la Montagne Noire, p. 369. 6. Claudius Savoye. Le Beaujolais préhistorique, p. 172. 1. E. Cordier. Légendes des Hautes-Pyrénées, p. 58 ; Gesa Darsuzy. Les Pyrénées françaises, p. 109.

Ainsi que les sirènes.et les fées des contes, les dames des fontaines

se plaisent à venir se peigner sur leurs bords. Aux environs de Condé, on avait soin de s’écarter à la nuit close de la Fontaine aux Dames. Un paysan qui passait auprès vit une jeune fille vêtue de blanc sur une pierre mousseuse. Elle ne paraissait pas l’apercevoir et démélait ses longs cheveux blonds. Le paysan s'arrêta d'abord, surpris; mais comme ilétait trop avancé pour reculer, il continua de cheminer, et quand il fut en face de l'apparition, il dit: « Ma belle demoiselle, vous êles de bonne heure à votre Loilette. » La fille leva sur lui un froid regard qui le glaça, en disant: «Passe Lon chemin ; si le jour est à toi, la nuit est à moi;»et elle se remit à peigner son opulente chevelure‘. Plusieurs récits de Basse-Bretagne parlent de fées qui viennent se coiffer au bord des fontaines ; près de celle de Keranborn, on voyait, la nuit, une chandelle allumée, et une belle fée, en robe blanche, assise près de l'eau, et lenant un peigne d'ivoire ?. Daus le pays basque, la veille de la Saint-Jean, à minuit, une Llämigna démêlait ses cheveux avec un peigne d’or, puis se lavait à la Fontaine Juliane. Un bomme aperçut le matin dans le Pré des Lamignac, une belle dame qui se peignait : celleci le vit aussi et elle disparut comme une vapeur. L'homme, arrivé près de là fontaine, trouva un beau peigne d'or qu’il emporta chez lui ?. Une fée venait chaque nuit se parer sur le bord de la Fontaine d'Argent ; surprise par une jeune fille avant le lever du soleil, elle se cacha dans la fontaine en oubliant son peigne d'or. La jeune fille y étant revenue une autre fois au point du jour, la fée sortit de l’eau, et lui dit que si elle consent à le lui rendre, elle trouvera cinq livres au bord de la fontaine chaque fois qu'elle y viendra, à la seule condition de ne révéler ce secret à personne *.

Les lessives faites aux fontaines figurent assez rarement dans la légende ; cependant on disait dans le pays de Luchon que, les incantados, génies moitié anges et moitié serpents, qui habitent les pierres sacrées, venaient laver aux sources leur linge, plus blanc que la neige, qu'ils faisaient sécher sur les rochers ÿ, À Limoux, les vieillards racontaient que des femmes vêtues de blanc sortaient d'un palais de cristal, pour descendre la nuit à la fontaine de las Encantados, et là, avec un baltoir d'or, elles lavaient du linge jusqu'au jour levant. Cette même légende se retrouve, avec des variantes, dans plusieurs localités de

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