H. Marlot, in Rev. des Trad. pop. t. XI, p
3. Deribier du Châtelet. Dict. stat. du Cantal, t. V, p. 102.
a. Clément-Janin. Trad. de la Côte d'Or, p. 16 ; A. Daucourt, in Archives suisses des Trad. pop., t. VII, p. 176.
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de Gemelos, entre deux et trois heures de l'après-midi ; si on la surprenait, elle relevait son capuchon sur sa tête. Lorsque ces serpents ailés avaient soif, ils déposaient leur diamant au bord de l'eau, dans la crainte de le perdre ou pour éviter qu'il fût terni. Plusieurs aventuriers essayèrent de prendre la pierre merveilleuse ; mais peu y réussirent. La vouivre qui venait autrefois se désaltérer à la source de Condes fut cependant dépouillée par un homme du pays. Il imagina de se blottir sous un cuvier el de le poser sur le diamant pendant que la vouivre élait à boire. À son retour, ne trouvant plus son œil, elle se précipita avec fureur sur le cuvier. Mais le rusé villageois l'avait hérissé de grands clous dont les pointes se présentaient au dehors, et c’est en s'y blessant à plusieurs reprises que l’aveugle serpent succomba?. Un homme de la vallée d'Aoste fit faire aussi un grand tonneau tout garni extérieurement de pointes de fer, le fixa solidement par une chaîne, et se Cacha en attendant le dragon. Celui-ci posa le diamant à côté et but à la fontaine. L'homme sortit le bras par une fenêtre faite exprès, saisil le diamant et l'enferma subitement &ans le tonneau. L'animal poussa des hurlements affreux et roula le tonneau de côté et d'autres autant que l'espace laissé par la chaîne le permettait ; à la fin il périt à force de se larder aux pointes de fer qui hérissaient le tonneau ?. On s'em- Para par une ruse semblable de l’escarboucle, brillante comme une petite lune, du serpent-diamant de la Font de la Lyeune, que l’on nommait ainsi parce que ses ailes étaient en diamant #.
Les reptiles sont à peu près les seuls animaux, réels ou fantastiques, que la tradition associe aux fontaines ; cependant un cheval blanc est en relation avec la source sacrée de la Senne, autour de laquelle il paraît ; des bergers l'ont vu, à l'heure du crépuscule, s'envoler et aller se poser sur la cime de la montagne 5, A Celles-sur-Plaine, dans les Vosges, la bian chevd (le cheval blanc) vient boire à minuit à une fontaine, près du cimetière, etilarrive malheur à qui le rencontre, et surtout à qui lui parle.
Le peuple, frappé sans doute des feux-follets qui se montrent audessus de quelques sources, s'imaginait qu'elles communiquaient avec le monde infernal. Il y a deux siècles, les bonnes femmes croyaient que la Fontaine ardente à Saint-Barthélemy près de Grenoble, sur laquelle
4. M. Monnier, in Antiquaires de France. t. IV, p. 404-405; D. Monnier et A. Vingtrinier. Traditions, Pp. 99, 113 ; Clément-Janin, L. c., p. 12. 2. D. Monnier et A. Vingtrinier, p. 108.
. J.-J. Christillin. Dans la Vallaise, p. 283. . Claudin Savoye. Le Beaujolais préhistorique, p. 189. . Ch. Thuriet. Trad. du Jura, p. 514.
. Charles Sadoul, in Rev. des Trad. pop, t. XIX, p. 88.
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on voit parfois voltiger de petites flammes bleuâtres, surgissailt du sein même du Purgatoire, voire de l'Enfer, et que par les ouvertures que les feux s'étaient frayés à la surface du sol, les âmes des défunts s'acheminaient vers le séjour des châtiments'. Le nom de Fontaine d’Enfer, donné à la source du Guiel (Orne) semble faire allusion à une croyance de ce genre ?. En Corse si certaines sources sont chaudes, c'est qu’elles avoisinent les fournaises de l'enfer *.
En Basse-Bretagne, les diables venaient en personne aux sources mystérieuses ; mais les saints protecteurs les empêchaient de tourmenter les humains, et, pendant les nuits d'orage, les bienheureux qui présidaient à ces fontaines s'y montraient parfois *.
Le voisinage de fontaines, ordinairemént situées dans des endroits écartés, et couverts de bois qui les enveloppent d’une sorte de mystère, est encore très redouté, et l’on est exposé à y voir des choses terrifiantes. On n’approche qu'en tremblant, même pendant le jour, d'une fontaine presque inaccessible au fond d'une vallée étroite, solitaire et marécageuse, près de la chapelle Saint-Armel en Caden. Un habitant, appelé la nuit pour affaires pressantes, ayant été contraint de traverser ce lieu maudit, en revint aussitôt, pâle de frayeur, et mourut, au bout de peu d'heures, en proie au plus affreux délire’. La fontaine de Saint- Gérand, aussi dans le Morbihan, où l'on se rend en procession, est hantée la nuit par un esprit malfaisant. Ceux qui passent par là apercoivent un gros chien ; s'ils viennent du côté de Saint-Gérand, il les suit jusqu'à l'endroit où, le jour de la fête, on brûle la fouée,; s'ils vont vers Gueltas ou Saint-Gonnery, il leur fait la conduite jusqu'à ce qu'ils aient franchi cet endroit: le mauvais génie n'a plus de pouvoir sur eux ; alors le chien les quitte et retourne à la fontaine ; ilest, à ce qu'on assure, envoyé par saint Gérand pour protéger les voyageurs f.
Le jour comme la nuit les approches de la Font Chancela en Berry sont semées de tant de pièges diaboliques, qu'un chemin public qui autrefois l’avoisinait a été depuis longtemps abandonné”. À Guernesey
la superstition entoure les abords de la fontaine Saint-Georges d'appa-
ritions et de hantises, et maintenant encore, après la nuit close, les gens de la campagne ne s'aventurent qu'avec crainte dans le sentier
. E. Ollivier. Trad. du Dauphiné, p. 296.
. Chrétien de Joué-du-Plain. Veillerys argentenois, MMs. . E. Chanal. Voyages en Corse, p. 62.
. Alexandre Bouet. Breiz-lzel, t. 1, p. 16.
. Rosenzweig. Fontaines du Morbihan, p. 239.
. Fr. Marquer, in Revue des Trad. pop., t. XI, p. 660.
. Laisnel de La Salle. Croyances du Centre, t. L'p,11%.